La joie d’être sauvé

Le trait commun des trois paraboles qui nous sont racontées ce jour, c’est la joie. La joie du berger qui a retrouvé sa brebis perdue. La joie de la femme qui a perdu sa pièce, la retrouve et convoque tout l’immeuble pour leur communiquer la nouvelle : « la pièce que j’avais égarée, eh bien je l’ai recouvrée… » Il y a là quelque chose d’exagéré bien sûr, dans ces récits de liesse. Exagération qui correspond à  l’art de la parabole. Un art littéraire subtil qui s’apparente à celui, biblique, du mashal, sorte d’énigme proposé à la sagacité des auditeurs. Ce procédé s’avère pédagogiquement payant. Rien de mieux pour convaincre quelqu’un que d’éprouver son jugement. S’il juge correctement les personnages du récit, il jugera aussi bien sa propre vie et ses attitudes. Dans ces 3 paraboles, l’attention portée à la joie des retrouvailles à pour but de faire valoir la troisième et dernière parabole. Celle du père ayant retrouvé son enfant. Tous  ceux ou celles qui ont perdu un enfant, pour jamais ou pour un temps sauront bien ce que peut signifier la joie de le revoir.  Mais dans la parabole tandis que toute la maison se réjouit un personnage grince des dents. Il se fâche même et boude et ne veut pas rentrer pour participer à la célébration du retour. Le frère de l’enfant perdu. Son âme est amère. Il a tout, mais il  lui manque l’essentiel (allégorie bien propre à notre époque). Il a tout sauf un cœur. « Voici ton frère, lui dit son père : il était mort et il est vivant. Il fallait bien se réjouir. » Mais non, le frère aîné ne veut pas.

Alors que tirer de cette parabole ? La joie d’être sauvé, d’appartenir au Christ, à l’Église, lieu du salut. La joie apostolique d’annoncer un salut possible quand tout semble perdu…Chacun y mettra selon son cœur sans doute…

Père Jacques Ollier