Le terme de la foi

La foi ne se présente pas comme un acte définitif. Elle augmente, diminue, se conforte. L’évangile de ce jour nous présente un cheminement dans la foi en quatre moments.

1er moment : la foi en la miséricorde

Dix lépreux, tel un choeur antique, s’écrient : « Jésus, maître, prends pitié de nous ». Ce que nous disons au début de chaque messe : Kyrie eleison, nous l’entendons de la bouche des lépreux… 1er acte donc : La foi reconnaît la miséricorde du Christ. Sa pitié.

2ème moment : la décision de foi

Le récit se poursuit : « Allez vous montrer aux prêtres », ce qui était requis pour attester de la guérison de la lèpre : « Voici quelle sera la loi sur le lépreux, pour le jour de sa purification. On l’amènera devant le prêtre. Le prêtre (…) examinera le lépreux. » (Lévitique 14.2). Suit le constat de guérison par le prêtre, qui équivaut à un droit de pratiquer à nouveau le culte. 2ème acte : décider de s’appuyer dans la foi, sur le Christ. Les lépreux, en effet, sont partis sans être encore guéris mais en se fiant à la parole du Christ. Ils ont décidé de croire. Et leur décision a entraîné leur départ.

3ème moment : persévérance dans la foi

Persévérer dans la foi, ne conduit pas jusqu’à soi, jusqu’à son bien-être, sa santé morale, psychologique, spirituelle, même si la persévérance dans la foi peut, bien sûr, comporter ces éléments. Non, la persévérance dans la foi conduit à Dieu. L’illustration en est donnée dans le récit des dix lépreux. L’un d’entre eux se retourne, revient et adore.

4ème moment : l’adoration dans la foi

La foi s’enrichit de la louange. Elle est le moment de la joie de croire.

Nous retrouvons ici les quatre moments de tout acte moral :

  • l’intention (« prends pitié de nous »)
  • la décision (« Ils allèrent » )
  • la persistance (un samaritain parmi les 10 guéris retourne vers Jésus)
  • la joie durable de l’acte (la louange).

Ainsi la foi vous sauve-t-elle, aujourd’hui, de vos attentes trop brèves (foi en la miséricorde), de vos tergiversations infinies (décision de foi), de vos regards trop étroits (persévérance dans la foi) et de vos doutes (adoration dans la foi). Elle vous procure le salut, c’est-à-dire le surgissement de l’inattendu de Dieu. Tu demandais la guérison, je te donne mieux, infiniment mieux. Je te sauve et t’élève à moi, pour vivre avec moi, dans la communion avec moi, dans la familiarité avec moi, paisible, lumineux, heureux et sans trouble. Tel est le salut que vous procure la foi.

P. Jacques OLLIER