Consentir avec saint Joseph

Sommes-nous prêts à la célébration de la Nativité du Seigneur ? Souvent les préparatifs matériels nous accaparent. Les réunions prochaines en famille ou au contraire l’épreuve de la solitude nous remplissent d’appréhension. Noël s’approche comme une étoile filante et nos résolutions pour préparer notre cœur à la naissance du Sauveur sont peut-être restées bloquées à l’état de projet… Alors, est-il encore temps de nous préparer à la Nativité ?

La Maison de David nous aide à répondre à cette question. Elle était, en effet, une promesse merveilleuse : le Seigneur avait dessein d’affermir pour toujours le trône royal, d’être pour le fils de David un père (cf. 2 S 7, 12-14). Et en même temps, ce fut un échec retentissant dans l’histoire : « Écoutez Maison de David ! Il ne vous suffit pas de fatiguer les hommes : il faut encore que vous fatiguiez mon Dieu ! » (Is 7, 13). Le roi Acaz ne veut pas du signe du Seigneur… Il a déjà pris ses dispositions avec les rois étrangers, quelle place pourrait-il y avoir encore pour Dieu et son dessein ?

À l’image d’Acaz, nous avons peut-être tout organisé et il ne nous reste plus d’énergie pour penser autrement. L’an prochain peut-être, on fera mieux certainement… Surgit alors la figure de Joseph. Issu de cette lignée de David qui avait apporté beaucoup de ruine sur la terre et sur le peuple d’Israël, il est appelé non pas tant à redoubler d’activité et de puissance, que de consentir à l’œuvre et à la fécondité de Dieu. En prenant chez lui Marie, Joseph renonce à tout maîtriser par sa propre puissance, et permet pourtant ainsi à la Maison de David de donner au monde le Messie.

S’il nous semble, comme la Maison de David, être en échec loin des promesses de Dieu, et quoiqu’il ne nous soit pas donné de prendre chez nous la Vierge en-ceinte de Jésus – l’Image du Dieu invisible – nous pouvons accueillir, dans notre prière déjà, ceux que nous allons rencontrer ou dont nous avons la charge : ils portent en eux l’image de Dieu. Consentons que, par eux aussi, Dieu veuille accomplir son dessein.

Père G Würz