Maintenant, je vois !

Les disciples de Jésus, en voyant un mendiant aveugle de naissance, cherchent à comprendre l’origine du mal : cette infirmité ne serait-elle pas la conséquence d’un péché ? demandent-ils à Jésus. Mais qui a péché ? L’homme ou ses ascendants ? Jésus ne répond pas directement à la question ; il se révèle à l’aveugle et le guérit. Il va montrer qu’il est le Fils de Dieu, venu pour guérir et sauver. L’aveugle-né en fait l’expérience et ne peut plus s’empêcher d’en témoigner.

Cet aveugle anonyme de l’Évangile de Saint Jean pourrait être n’importe lequel d’entre nous car nous aussi, vivons la même expérience de rencontre avec Jésus-Christ à travers les sacrements que nous recevons. Pour la plupart d’entre nous, nous avons été amenés à Jésus par d’autres (parents, amis, communauté de croyants…) par le Baptême et nous avons reçu ou recevrons ce jour là « la lumière du Christ » venant du cierge pascal lors de la célébration de la Résurrection. Si nous vivons de cette lumière nouvelle, nous serons comme cet homme en butte aux questionnements de notre entourage.

Notre humanité, enracinée dans la chair, demande souvent à voir des signes visibles de l’action de Dieu. C’est pourquoi Jésus, au lieu de se contenter de dire seulement « je le veux, sois guéri », utilise de la boue, comme jadis l’argile pétri de la Genèse pour faire exister l’homme. De même, dans les sacrements où le Fils unique du Père se manifeste à nous, il y a des signes visibles qui manifestent l’œuvre du Père, du Fils et l’Esprit Saint : l’eau dans le Baptême, le Saint Chrême dans la confirmation, le pain et le vin dans l’Eucharistie, l’échange des consentements dans l’alliance matrimoniale… Ces signes sont accompagnés d’une parole qui précise l’action du sacrement et l’engagement du Père à nos côtés.

« Tu le vois, c’est lui qui te parle ». Lorsqu’il entend ces paroles, l’homme qui avait été aveugle se prosterne en disant « je crois ». Guéris, nous aussi, de notre cécité après avoir reçu un sacrement, nous pouvons voir le Christ dans l’œuvre qu’il accomplit chaque jour sur la terre et aussi les moyens de la mission qu’il nous donne. Nous pourrons alors dire « je crois » même si nous ajoutons, en nous même, humblement « viens au secours de notre peu de foi ».

P. Anatole DEDEGBE