Dans le mystère de sa Pâque

Choeur

Dans le mystère de sa Pâque, Jésus se fait chaque jour « plus intime à nous-mêmes que nous-même », selon la belle expression de saint Augustin (Confessions III, 6,11). En passant de ce monde à son Père, selon les trois étapes du Jeudi saint, du Vendredi saint et de la résurrection, il se rend, chaque jour, plus intérieur à nous.

Voyez !

Le jeudi saint, il se fait nourriture de notre chair et de notre âme, en son Corps et son Sang livrés pour nous. Pain de l’Alliance, Pain des forts, Pain des Anges. En fait de nourriture, elle n’agit pas comme celle que nous absorbons quotidiennement. Celle-ci devient nôtre. Elle énergise nos cellules. Mais en recevant le Corps du Christ, c’est en Lui que nous sommes transformés : « Je suis l’aliment des forts ; grandis et tu me mangeras. Mais tu ne me transformeras pas en toi, comme la nourriture de ton corps ; c’est toi qui seras transformé en moi. » (ibid. VII, 10)

Dans le sacrifice de la croix, Jésus se fait encore plus intérieur puisqu’il lave notre âme de nos péchés. Comment pourrait-il être plus proche ? Deux consciences restent à distance l’une de l’autre, malgré les liens d’affection, les affinités intellectuelles, une même sensibilité morale. Mais la conscience pure de Jésus, la sainteté de sa vie nous est communiquée dans le sacrifice de la croix. Il nous purifie de nos fautes, de nos souillures. Le sang qui tâche nos mains, la noirceur de nos offenses trouvent en la vie offerte de Jésus une solution suffisamment forte pour que nous retrouvions la pureté de notre âme. Une vie nouvelle. Vie pour vie. Sa mort pour notre vie nouvelle.

On pourrait croire que l’intimité de Jésus ne pouvait trouver expression plus haute. Pourtant, nous trouvons dans son passage de ce monde à son Père, une communion plus grande encore. Celle qui sera nôtre un jour, dans la joie de Dieu. « Je monte vers mon Père, déclare-t-il à Madeleine. Et d’ajouter : et vers votre Père ». C’est la communion toute sainte, toute divine de la Trinité même. Non plus une intimité d’être à être, mais une transformation. « Ce que nous sommes ne paraît pas encore, écrit saint Jean dans sa première Épître. Nous savons que lorsque nous le verrons en nous-mêmes, nous lui serons semblables» (3,2)

Et tout cela nous donne joie.

Saint Ignace de Loyola, dans les Exercices Spirituels, demande au retraitant dans la 4ème et dernière semaine de méditer sur la joie du Christ ressuscité. La joie de Celui qui vit à jamais. Quelle joie de ressentir en soi la puissance de vie qui ne s’écoule pas, mais qui demeure une, à jamais, dans la paix de Dieu. Telle est sa joie. Elle sera nôtre. Et déjà nous la ressentons.

P. Ollier