« D’ici peu de temps, le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez vivant, et vous vivrez aussi ! »

« Le jour qu’on appelle jour du soleil, a lieu le rassemblement en un même endroit de tous ceux qui habitent la ville ou la campagne.

On lit les mémoires des Apôtres et les écrits des Prophètes, autant que le temps le permet.

Quand le lecteur a fini, celui qui préside prend la parole pour inciter et exhorter à l’imitation de ces belles choses.

Ensuite, nous nous levons tous ensemble et nous faisons des prières pour nous-mêmes … et pour tous les autres, où qu’ils soient, afin que nous soyons trouvés justes par notre vie et nos actions et fidèles aux commandements, pour obtenir ainsi le salut éternel.

Quand les prières sont terminées, nous nous donnons un baiser les uns aux autres.

Ensuite, on apporte à celui qui préside les frères du pain et une coupe d’eau et de vin mélangés.

Il les prend et fait monter louange et gloire vers le Père de l’univers, par le nom du Fils et du Saint-Esprit et il rend grâce (en grec : eucharistie) longuement de ce que nous avons été jugés dignes de ces dons.

Quand il a terminé les prières et les actions de grâce, tout le peuple présent pousse une acclamation en disant : Amen.

Lorsque celui qui préside a fait l’action de grâce et que le peuple a répondu, ceux que chez nous on appelle diacres distribuent à tous ceux qui sont présents du pain, du vin et de l’eau « eucharistiés » et ils en apportent aux absents »

(saint Justin, Apologie, 1, 65)

Comme il est émouvant de constater que ce texte, rédigé un siècle seulement après l’Ascension du Seigneur, nous semble contemporain. Ce qu’on y lit, la pratique de la primitive Église ressemble, à s’y méprendre, à ce que des centaines de millions de chrétiens célèbrent chaque dimanche : se rassembler, écouter les Ecritures Saintes, se donner la paix, louer Dieu, lui offrir l’offrande de sa Vie résumée dans le pain et la vin, se tourner vers les malades et les pauvres…

Telle est notre pratique, hier et aujourd’hui. Telle est notre foi.

Hier comme aujourd’hui, elle rend présent le Dieu Vivant qui offre, à ses enfants, sa Vie en abondance.

P. Ollier