Plus que moi ?

En cette fin d’année, nous faisons des bilans. La paroisse ne déroge pas à la règle. Comme à la fin de chaque année les prêtres de la paroisse se sont retrouvés pour une journée d’échanges et de dialogues sur les mois écoulés, sur nos vies sacerdotales, nos ministères. Chacun s’exprime librement selon son génie et le temps qu’il lui faut pour ce faire. Je n’entre pas, bien sûr, dans le détail. L’un de nous reconnaissait qu’en avançant, il se rendait bien compte de l’essentiel et de ce qui n’est qu’écume de la vie évangélique. De ce que Dieu nous demande vraiment, et de ce qui n’est qu’occasionnel.

L’évangile du jour nous dit cela avec une telle force qu’il en est presque inaudible : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi, n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi. Qui a trouvé sa vie la perdra ; qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera » (Évangile selon saint Matthieu 10,37)

Lorsque j’étais séminariste nous échangions sur les réactions de nos parents à l’annonce de notre entrée au séminaire. L’un de nous racontait que son père lui avait reproché de ne pas aller au-delà des classes prépa qu’il avait réussies. Il lui répondit : vous m’avez enseigné depuis ma plus tendre enfance : « Dieu premier ». Aujourd’hui, je le mets en application.

À une jeune femme se préparant au mariage qui m’interrogeait sur la forme d’intimité du foyer qu’elle allait composer avec son époux je disais la Parole de Dieu : « l’homme quittera son père et sa mère pour s’attacher à son épouse et ils ne formeront plus qu’un ».

Parole reprise par Jésus à propos du mariage. Il y a une liberté à quitter une terre, une patrie, des attaches, des traditions désuètes, des parents, pour tenir ce qui a de l’avenir.

S’attacher à Dieu c’est être libre. Plus que tous. Saint François d’Assise nous l’a montré avec tant de grâces. Dieu tient ses promesses.

C’est pourquoi on peut s’attacher à lui et devenir libre. Des contraintes, de l’esprit du jour, du respect humain, de la mode, du péché aussi. Qu’il nous rende libre en le choisissant : Dieu premier, et tous nos biens seront à leurs places.

P. Ollier