Ouvriers de la première ou de la dernière heure ?

L’évangile de ce dimanche peut nous surprendre ou nous choquer par ce qui peut paraître une injustice dans cette relation individuelle de travail entre le maître et ses ouvriers ; ceux qui sont arrivés à la dernière minute, ceux qui n’ont travaillé qu’une seule heure, touchent autant que ceux qui ont « enduré le poids du jour et de la chaleur »

Nous sommes surpris et choqués parce que nous n’avons pas compris l’objectif de Jésus. Le Seigneur ne veut pas ici, nous donner une leçon d’économie ou de justice sociale. Quand il nous décrit cette journée de travail dans la vigne, il nous parle en réalité du Royaume et de la surabondante bonté de Dieu.

Dieu se donne à tous et de la même manière au premier comme au dernier arrivé. Si l’on considère le point de vue du Dieu d’amour, la pièce de monnaie, le denier reçu n’est pas une pièce d’argent, mais le Christ lui-même. Et chacun reçoit la plénitude de ce qu’il peut recevoir. Ce qu’il peut recevoir c’est à la mesure de son attachement au Christ.

Une autre image pour nous faire comprendre ce que signifie cette mesure ; elle est de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus : que votre verre (à boire) soit petit ou grand, le Christ va le remplir, il n’y a donc plus de comparaison possible ; le petit verre est aussi plein que le grand verre ; c’est le Christ tout entier qui se donne à chacun, ouvrier de la première ou de la dernière heure.

P. Anatole Dédegbé