« Dans la mesure où vous l’avez fait à un de mes frères, les plus petits, que voilà, c’est à moi que vous l’avez fait »

Les deux évangiles des deux précédents dimanches nous alertaient sur la meilleure
manière d’entrer dans la proximité de Dieu. Les textes de l’Évangile utilisent l’expression «entrer dans « le Royaume de Dieu », une périphrase qui signifie, entrer en communion avec Dieu, dans une amitié franche et loyale avec lui. La parabole des vierges sages signalait l’impératif de la préparation : se tenir prêt à entrer en relation. Tenir l’heure, le rendez-vous. Il y a une heure qui convient. Et puis elle passe et l’on n’entre plus ! La parabole des talents nous invitait à ne pas craindre. La peur, en effet, étant mauvaise conseillère, une idée fausse de Dieu conduit au mésusage des biens de la terre que Dieu nous confie. Tels étaient en substance, les enseignements des deux derniers évangiles du dimanche.

Celui que nous entendons ce jour, le rassemblement des nations autour du Roi, nous dévoile une autre dimension de la rencontre avec Dieu. Après avoir montré les temps (parabole des vierges) et la manière (les talents) de l’atteindre, il nous est maintenant révélé, à nous et à tous les hommes de tous les temps et de toute l’histoire, aux croyants comme aux non-croyants, que la rencontre de Dieu passe nécessairement par celle du plus petit : « venez, les bénis de mon Père, dit le roi à ceux dont il a trouvé le coeur bien disposé, recevez en héritage le royaume préparé pour vous. Car j’avais faim et vous m’avez donné à manger, j’avais soif et vous m’avez servi à boire, j’étais nu, étranger, malade… » et vous êtes venus à moi. Mais eux répondront : « Quand, t’avons-nous vu nu, malade, prisonnier, étranger… » « Chaque fois que vous êtes venus en aide à l’un de ses petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ».

Miracle de la charité qui s’ignore
Miracle de la charité qui ne compte pas (c’est un amour bien pauvre que celui
qui est compté)
Miracle de Jésus qui se cache pour être aimé.

Sans doute ne pouvons-nous pas tous nous rendre disponibles pour accueillir les plus démunis, les prisonniers, les déplacés, qui ont perdu un pays, une ville, un toit, une famille, une épouse, un enfant, un père, une mère… Sans doute ne pouvons-nous pas tous nous abstraire de notre devoir d’état pour secourir les plus pauvres. Mais il y a fort à parier que se cachent dans nos existences, des hommes et des femmes, des enfants, des adolescents prisonniers de leurs blessures, de leurs difficultés et de leurs passions. Il ne serait pas étonnant qu’existent des membres émigrés de nos familles, isolés, en maison de retraite. Sans doute y a-t-il des frères et soeurs, des parents qui ont faim et soif de notre pardon. C’est en les visitant par notre attention, notre présence, nos paroles que nous rendrons à Dieu l’amitié qu’il nous fait. Qu’en ce beau dimanche d’Amitié, de Journées d’Amitié, nous sachions nous rendre disponibles à tous ces petits que Jésus a salués du beau nom de « frères ».

P. Ollier