Avec Jésus, entrons dans la Vie

Dans les derniers jours de sa vie, Jésus se trouve totalement concentré sur sa
mission. Il médite et partage à ceux qui souhaitent « le voir » le sens de la pas-
sion qu’il s’apprête à vivre. De cette méditation, saint Jean a retenu que Jésus
a vécu dans une confiance totale à son Père même si son destin prenait une
direction qui le menait à la croix.

L’auteur de la Lettre aux Hébreux a retenu aussi ce sentiment d’abandon et
d’obéissance au Père : « le Christ, pendant les jours de sa vie dans la chair,
offrit, avec un grand cri et dans les larmes, des prières et des supplications à
Dieu qui pouvait le sauver de la mort, et il fut exaucé en raison de son grand
respect (en d’autres termes, en raison de son grand abandon). Bien qu’il soit
le Fils, il apprit par ses souffrances l’obéissance et, conduit à sa perfection, il
est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel. » (He 5,7
-9).

Ces méditations nous préparent à la Semaine Sainte qui s’annonce. Elles
nous placent sur le chemin pour vivre les Jours Saints, car elles mettent devant
nos yeux l’offrande que fait Jésus sur la croix pour que les humains soient ré-
conciliés avec Dieu. C’est la Nouvelle Alliance qu’annonçait le prophète Jéré-
mie dans la première lecture. Cette alliance de grâce s’établit « dans le cœur »
des personnes qui, à l’exemple de Jésus, choisissent de vivre dans l’obéissance
et dans la confiance.

Jésus compare « son Heure » à la semence mise en terre. « Si le grain de blé
tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup
de fruits ». Cette image est des plus parlantes. La semence est remplie de vie
et de puissance de vie nouvelle, pourtant elle doit être enfouie en terre, se laisser
défaire pour donner toute son énergie à de nouvelles pousses qui apparaîtront
progressivement.

Ainsi la mort de Jésus est une semence. Sur la croix il est, non seulement éle-
vé, mais en même temps, enfoui dans la masse humaine. Il porte toute l’hu-
manité en lui avec ses faiblesses. Il pourrait s’y refuser, mais c’est l’abandon au
désir de salut du Père qui prend le dessus. Celui-ci le ressuscitera et sa mort
deviendra ainsi le début d’une vie nouvelle où il entraîne ceux qui l’acceptent
comme le Seigneur de leur vie.

Ceci devient possible dans l’incorporation à lui par le Baptême où la per-
sonne qui s’avance est plongée dans l’eau avec le Christ, lavée de ses fautes,
elle naît à une vie nouvelle avec le Christ ressuscité. C’est ce qu’on fait com-
prendre aux futurs baptisés qui, pendant le carême, se préparent activement
à vivre ce mystère lors du baptême à la Vigile pascale.
C’est dans le sillage de cette transformation à la manière de la semence que
toute la vie du baptisé sera désormais, en union avec le Christ et à sa suite,
une vie vouée à Dieu. Car, écrit saint Paul, « lui qui est mort, c’est au péché
qu’il est mort une fois pour toutes ; lui qui est vivant, c’est pour Dieu qu’il est
vivant. De même, vous aussi, pensez que vous êtes morts au péché, mais vi-
vants pour Dieu en Jésus Christ » (Romains 6, 10).

Demandons au Seigneur d’entrer avec tout notre cœur dans cette Nouvelle
Alliance avec Dieu que Jésus est venu établir et de laquelle nous sommes par-
tie prenante depuis notre baptême.

P. Anatole DEDEGBE