Dix Commandements

Il ne fait pas de doute que le plus grand de tous les commandements, le commandement indépassable, est celui de l’amour de Dieu et de l’amour du prochain selon la parole de notre Seigneur. L’amour représente ce que l’homme peut réaliser- aux yeux de Dieu et pour Lui, aux yeux des hommes et pour eux- de plus noble et de plus beau.
Si l’amour demeure le plus grand, il n’en reste pas moins que l’amour inclut toujours, pour être vrai, la justice. Ainsi, on ne prétendra pas qu’il suffit d’aimer une personne sans lui rendre justice de ce qu’on lui doit ou de ce qu’elle est légitimement en droit d’attendre de nous. L’affection seule ne peut prévaloir sur le droit légitime d’un enfant à la présence de
ses parents à ses côtés, à l’éducation qu’ils lui donnent, au temps qu’ils passent avec lui. Il en va de même pour Dieu et notre prochain. Les aimer, certes, mais avant tout leur rendre justice.
1. Tu n’auras pas d’autre Dieu que moi : Dieu Premier. En l’honorant au-dessus de tout. Dieu premier ? Avant moi ? Avant mon confort ? mon intérêt ? ma réussite ? mon profit ? ma carrière ?
2. Ne pas faire d’image de Dieu. Nous ne faisons que cela ! Bien sûr nous ne construisons plus d’idole en pierre ou en bois, mais combien d’autels bâtissons-nous sur lesquels nous sacrifions notre histoire, notre foi, notre avenir, notre baptême, notre Eglise… Au nom du progrès, de la modernité, de l’oubli ?
3. Ne pas user du Nom de Dieu en vain. L’ancêtre du nihilisme. Dieu n’est rien. Et le monde avec. Il n’est rien de sacré. Pas même le Nom de Dieu, pas même Dieu.
4. Le repos. Il y a six jours pour travailler. Le 7ème jour, Dieu même se retire, laissant la création à elle-même, dans une forme d’autonomie. Ainsi doit faire l’homme pour vraiment bâtir. Il y a une violence dans la trop grande hâte à tirer le maximum de tout, hommes, bêtes, terre ou de son agenda.
5. Honore ton père et ta mère pour avoir de longs jours. Voici le seul commandement associé à une promesse : « pour avoir de longs jours ». Le respect de nos parents ouvre un avenir. Pour l’avoir négligé (combien de personnes âgées meurent de solitude dans les hôpitaux ou les maisons de retraite), nos enfants n’ont plus guère de projets d’avenir.
6. Tu ne commettras pas de meurtre. « Qu’as-tu fait de ton frère », demande Dieu à Caïn ?
7. Tu ne convoiteras pas l’épouse de ton prochain. La maîtrise de soi est une œuvre de longue haleine. Jamais on ne la considèrera comme acquise une fois pour toutes. Elle suppose un effort repris à tous les âges de la vie, plus intense à certaines époques, en particulier lorsque se forme la personnalité, pendant l’enfance et l’adolescence.
8. Tu ne voleras pas. Il y a bien des manières d’enfreindre cette loi.
9. Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain. La médisance, pire, la calomnie. Pour l’avoir éprouvée, certains vous diront qu’ils ont vécu un martyre. La chasse aux sorcières devient une pratique, hélas, courante. Ouvrez les médias. Les nouveaux inquisiteurs se présentent à vous !
10. Tu ne convoiteras pas le bien de ton prochain. La jalousie. Il faut se réjouir de ce que possède l’autre. Si on l’a en partage. La plus grande des vertus consiste à se réjouir même de ce que l’on n’a pas.
Rendons à Dieu ce qui est à Dieu, et aux hommes ce qui leur appartient.

P. Ollier