Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas (Jn 1, 26)

Exceptionnellement, la liturgie nous permet cette année de célébrer un dimanche la nativité de saint Jean-Baptiste. Personnalité aujourd’hui méconnue, saint Jean-Baptiste a, pendant des siècles, était la lampe à laquelle se sont éclairés ceux qui allaient à la Lumière. Très tôt, saint Jean-Baptiste a reçu de l’Église une très haute estime qui lui venait, sans aucun doute, de la vénération de son jeune cousin, Jésus. Celui-ci ne dit-il pas de lui qu’il n’est pas d’homme plus grand que Jean, le Baptiste (Mt 11,11) ? Chacun des quatre évangélistes lui donne une place unique parmi les protagonistes de leur récit inspiré.

Au mur des basiliques, sous forme de mosaïque (Sainte-Sophie), dans les chapelles représenté a fresco (capella Peruzzi), au fronton des cathédrales ou sur nos vitraux à Saint-Étienne-du-Mont, saint Jean-Baptiste rencontre tout au long de l’histoire du christianisme une considération singulière et uniforme. En témoigne la date choisie de sa naissance qui rythme, avec celle du Sauveur, l’année en ses solstices.

Personnage exceptionnel de l’histoire du salut, ayant reçu pendant des siècles une place unique dans les évangiles, l’iconographie, la liturgie, pourquoi Jean-Baptiste n’est-il plus à la mode ? Qui met au tronc devant l’éphèbe du baptistère, dans la première chapelle à l’entrée de l’église ? Assurément, ceux qui vénèrent le Précurseur sont majoritairement des visiteurs d’autres pays. Comment expliquer ce peu d’attention à la figure du Baptiste ?

Sa vénération me paraît un bon moyen de connaître la qualité de notre relation au Christ. D’après l’Évangile, « nul ne vient à Jésus sinon par Jean le Baptiste ». Il récapitule, en effet, en lui toute la tradition biblique précédente qu’il porte en quelque sorte sur lui les traits caractéristiques des prophètes : le vêtement, le verbe dénonciateur. Il récapitule tout l’héritage assemblé par Dieu pour l’éducation du peuple élu pendant des siècles. De plus, semblable aux prophètes de l’Alliance, il se livre entre les mains de Celui qui achève toutes choses : le Christ. Mais l’achèvement ne se comprend bien qu’en fonction de l’ébauche. On ne peut goûter vraiment le Christ que si l’héritage de l’Ancienne Alliance est assumé, reçu, assimilé.

Dans sa bonté, Dieu a voulu nous donner des maîtres. Abraham, Moïse, David, Elie, Isaïe, et bien d’autres patriarches et prophètes. Tous ne font qu’un en la personne de Jean-Baptiste. Voilà pourquoi il est le plus grand parmi les enfants des hommes. Semblable aux patriarches et aux prophètes, il annonce un plus grand que lui, que nous ne connaissons pas, que Dieu lui a révélé. Le Précurseur crie : « Au milieu de vous se tient Celui que que vous ne connaissez pas ». Pour le connaître, il n’est d’autre voie que celles enseignées par Dieu, Les Écritures. Méconnaître l’Ancien Testament, c’est ignorer le Christ qui se prépare un chemin dans le coeur des hommes à la nuque raide. Nous !

Père Jacques OLLIER

La parabole du semeur

Le pape Benoît XVI a médité cette parabole, dans un entretien spontané, aux prêtres du Val d’Aoste (Italie), le 25 juillet 2005.

… Le travail du Seigneur avait commencé dans un grand enthousiasme. On voyait que les malades étaient guéris, tous écoutaient avec joie cette parole : « Le Royaume de Dieu est proche ». Il semblait que, vraiment, le changement du monde et l’avènement du Royaume de Dieu étaient imminents (…). On était dans l’attente d’un messager de Dieu qui prendrait en main le gouvernail de l’histoire. Mais nous voyons ensuite que, oui, les malades étaient guéris, les démons expulsés, l’Évangile annoncé, mais, pour le reste, le monde demeurait comme il était. Rien ne changeait. (…) La vie était difficile chaque jour, malgré ces signes, ces belles paroles. Et ainsi l’enthousiasme s’éteignait (…)

Le Seigneur parle du semeur qui sème dans le champ du monde. Et la semence semble être comme sa Parole, comme ces guérisons, une chose vraiment petite par rapport à la réalité historique et politique. Comme la semence est petite, négligeable, ainsi est la Parole.

Cependant, nous dit la parabole, dans la semence l’avenir est présent, parce que la semence porte en elle le pain de demain, la vie de demain. La semence semble n’être presque rien, et pourtant la semence est la présence de l’avenir déjà présent aujourd’hui. Et ainsi, il nous dit par cette parabole : nous sommes dans le temps des semailles, la Parole de Dieu semble n’être qu’une parole, presque rien. Mais ayez courage, cette Parole porte en elle la vie ! Et elle porte du fruit ! La parabole dit aussi qu’une grande partie des semences ne porte pas de fruit parce qu’elle est tombée sur la route, sur le terrain rocailleux, etc. Mais la partie qui est tombée dans la bonne terre donne trente, soixante, cent pour un.

Cela nous fait comprendre que nous devons être courageux même si la Parole de Dieu, le Royaume de Dieu, semblent sans importance historico-politique. À la fin, Jésus, le dimanche des Rameaux, a comme résumé tous ces enseignements sur la semence de la Parole : si le grain de blé ne tombe pas en terre et ne meurt pas, il demeure seul ; s’il tombe en terre et s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. Et il nous a fait ainsi comprendre qu’il est lui-même le grain de blé qui tombe en terre et qui meurt. Lors de la crucifixion, tout semble raté, mais c’est ainsi, en tombant en terre, en mourant, lors du Chemin de Croix, qu’il porte du fruit en tout temps, pour tous les temps (…) Il me semble que dans l’histoire de l’Église, sous des formes diverses, toujours existent ces questions qui nous tourmentent réellement : que faire ? Les gens semblent n’avoir pas besoin de nous, tout ce que nous faisons semble inutile. Mais nous apprenons de la Parole du Seigneur que seule cette semence transforme toujours à nouveau la terre et l’ouvre à la vraie vie.

Sur la sainte Communion

« Et quant au désir du saint Sacrement, il le faut exciter par l’amour de l’Espoux et par la considération de l’honneur et du bien que nous recevons de sa venue : a quoy serviront les eslancemens spirituels desquelz j’ay parlé ci dessus, et les considérations que je mettray ci dessous, avec les imaginations que j’y depeindray.

Si la nuict on s’esveille, il faut remplir sa bouche de quelque bonne aspiration, comme du nom de Jésus et Marie, qui sont propres a parfumer la bouche en laquelle Nostre Seigneur veut entrer ; ou bien les paroles de l’Espouse : « Je dors, et mon coeur veille, et semblables. »

Le mattin il se faut lever avec joÿe extraordinaire pour le bien qu’on doit recevoir ce jour-la; et ainsy se préparer a la communion.

Il faut, s’approchant de la Communion, y aller les yeux baysés et en posture tres humble. Je n’approuve pas que sur le point on dise aucun’orayson vocale, sinon : « Seigneur, je ne suis pas digne » et le Confiteor. Je n’appreuve pas aussi que l’on estende la langue hors des levres, ni que l’on ouvre si peu la bouche qu’il soit malaisé d’y mettre la sainte hostie, ni que l’on s’avance en quelle façon que ce soit pour la prendre, puisque celuy qui la presente ne se rencontrant pas avec la bouche de celuy qui s’avance, il se pourroit faire de l’irreverence. Il faut donques ouvrir la bouche et dresser la teste, et attendre que le prestre mette la sainte hostie dans la bouche, sans faire autre mouvement jusques a ce qu’elle soit logee.

Apres la Communion, nous devons semondre nostre ame a plusieurs affections, comme par exemple : a la crainte de contrister et perdre ce saint Hoste, comme faysoit David, disant : Seigneur, ne vous departes point de moy ou comme les deux pelerins d’Emaüs qui luy disoyent : « Demeures avec nous, car il se fait tard ». A la confiance et force d’esprit, avec David. « Je ne craindrais nul mal, par ce, Seigneur, que vous estes avec moy ». A la joÿe d’esprit, a l’exemple de la bonne Lia, laquelle voyant qu’ell’avoit conceu un enfant en son ventre, s’escrioit : « Ce sera maintenant que ton mari m’aymera » ; car ainsy, ayans en nous-mesme le Filz de Dieu, nous pouvons bien dire : C’est maintenant que Dieu le Pere m’ayme. Ou bien comme Sara, laquelle ayant Isaac disoit : « Maintenant Dieu m’a fait une joye, et quicomque l’entendra s’en resjouira avec moy ». Et il est vray aussy que les Anges font feste autour de ce saint Sacrement et de ceux qui l’ont receu, comme dit l’Espouse, laquelle en cette considération disoit : « Mon Bienaymé est a moy et moy je suis a luy ; il demeurera entre mes mamelles, c’est a dire, sur mon coeur. J’ay treuvé celle que mon ame cherit, je le conserveray soigneusement. »

A l’action de graces, par les paroles que Dieu mesme dit a Abraham : « 0 Seigneur, par ce que vous m’aves faitte cette grande grace, je vous beniray de benedictions immortelles et multiplieray vos louanges comme les estoiles du ciel. »

Saint François de Sales Traité sur la sainte Communion

Réunion informations sur le plan Igloo 2018

Pour ceux et celles qui sont intéressés par le plan Igloo (hébergement des personnes de la rue par la paroisse aux mois de janvier et février), une réunion d’information est proposée, le mardi 12 décembre à 20h30 au 30 rue Descartes

Vous pourrez vous proposer pour confectionner un dîner (simple), participer aux dîners, passer une nuit (pour les hommes).

Contact : lorraine.meurisse [at] hotmail.fr

Noël 2017

Samedi 16 décembre

  • 11 h 30 : messe de Noël des personnes de la rue suivie d’un déjeuner.
    Inscriptions pour le service : lorraine.meurisse [at] hotmail.fr
  • 16 h – 18 h : Noël KT et éveil à la foi + goûter
  • 17 h au Collège des Irlandais, 5 rue des Irlandais  : « Christmas Carol Service »

Dimanche 17 décembre

  • 11 h 45 – 12 h 45 : confessions de Noël

Messes de Noël

  • dimanche 24 décembre : messes de la nuit à 19h (familles), 21 h et 23 h
  • lundi 25 décembre : messes 11 h et 18 h 45

Prière de l’Avent

« Ô Jésus vivant en Marie,
venez et vivez en Vos serviteurs,
dans votre Esprit de sainteté,
dans la plénitude de votre Force,
dans la vérité de vos Vertus,
dans la communion de vos Mystères.
Dominez sur tout pouvoir,
par votre Esprit,
pour la gloire de votre Père.
Amen »

Jean-Jacques Olier

« Le Pape François a nommé, jeudi 7 décembre, Mgr Michel Aupetit archevêque de Paris. Le cardinal André Vingt-Trois est nommé administrateur apostolique du diocèse de Paris jusqu’à la prise de possession canonique de Mgr Aupetit, le 6 janvier.
Nous prions pour l’un et pour l’autre. Qu’Il accorde au Cardinal Vingt-Trois un repos bien mérité. Nous aurons l’occasion de rendre grâce avec lui pour son ministère apostolique à Paris le samedi 16 décembre, à Notre-Dame de Paris, à 10h30, lors de l’eucharistie. Mgr Aupetit est bien connu du diocèse de Paris dont il a été prêtre et évêque auxiliaire, et de notre paroisse puisqu’il a présidé plusieurs fois la solennité de sainte Geneviève. Nous prions pour lui auprès du tombeau de notre sainte patronne. »

Vendredi 26 janvier 2ème dîner de fraternité

Des paroissiens volontaires se proposent d’inviter à dîner chez eux d’autres paroissiens (8 maximum), qu’ils les connaissent ou non. Le dîner est simple et le même pour tous.
Après le dîner (22h00) les prêtres de la paroisse préparent un dessert dans les locaux de la paroisse. Un temps de prière conclut la soirée.

Vous pouvez vous inscrire comme invité ou vous proposer comme invitant (la répartition des convives et des hôtes est faite par le conseil pastoral après le 15 janvier).

Paroisse Saint-Étienne-du-Mont, 30 rue Descartes, 75005 Paris
01 43 54 11 79 paroisse [at] saintetiennedumont.fr

Réponse avant le 14 janvier 2018

Denier 2017

La fin de l’année approche. Et des échéances. Parmi celles-ci votre participation au Denier de l’Église, Que vous soyez paroissiens habituels ou non, vous pouvez participer. C’est un soutien important et nécessaire à votre paroisse. Elle lui permet de vous réunir chaque semaine, et de faire vivre l’Évangile sur la Montagne Sainte Geneviève. Esprit de fraternité et d’amour que expérimentons ce week-end au cours de nos Journées d’Amitié et du déjeuner paroissial.

Des enveloppes « Denier de l’Église sont à votre disposition dans les présentoirs aux entrées de l’église. Vous pouvez également donner sur : https://jedonneaudenier.org/

« Dans la mesure où vous l’avez fait à un de mes frères, les plus petits, que voilà, c’est à moi que vous l’avez fait »

Les deux évangiles des deux précédents dimanches nous alertaient sur la meilleure
manière d’entrer dans la proximité de Dieu. Les textes de l’Évangile utilisent l’expression «entrer dans « le Royaume de Dieu », une périphrase qui signifie, entrer en communion avec Dieu, dans une amitié franche et loyale avec lui. La parabole des vierges sages signalait l’impératif de la préparation : se tenir prêt à entrer en relation. Tenir l’heure, le rendez-vous. Il y a une heure qui convient. Et puis elle passe et l’on n’entre plus ! La parabole des talents nous invitait à ne pas craindre. La peur, en effet, étant mauvaise conseillère, une idée fausse de Dieu conduit au mésusage des biens de la terre que Dieu nous confie. Tels étaient en substance, les enseignements des deux derniers évangiles du dimanche.

Celui que nous entendons ce jour, le rassemblement des nations autour du Roi, nous dévoile une autre dimension de la rencontre avec Dieu. Après avoir montré les temps (parabole des vierges) et la manière (les talents) de l’atteindre, il nous est maintenant révélé, à nous et à tous les hommes de tous les temps et de toute l’histoire, aux croyants comme aux non-croyants, que la rencontre de Dieu passe nécessairement par celle du plus petit : « venez, les bénis de mon Père, dit le roi à ceux dont il a trouvé le coeur bien disposé, recevez en héritage le royaume préparé pour vous. Car j’avais faim et vous m’avez donné à manger, j’avais soif et vous m’avez servi à boire, j’étais nu, étranger, malade… » et vous êtes venus à moi. Mais eux répondront : « Quand, t’avons-nous vu nu, malade, prisonnier, étranger… » « Chaque fois que vous êtes venus en aide à l’un de ses petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ».

Miracle de la charité qui s’ignore
Miracle de la charité qui ne compte pas (c’est un amour bien pauvre que celui
qui est compté)
Miracle de Jésus qui se cache pour être aimé.

Sans doute ne pouvons-nous pas tous nous rendre disponibles pour accueillir les plus démunis, les prisonniers, les déplacés, qui ont perdu un pays, une ville, un toit, une famille, une épouse, un enfant, un père, une mère… Sans doute ne pouvons-nous pas tous nous abstraire de notre devoir d’état pour secourir les plus pauvres. Mais il y a fort à parier que se cachent dans nos existences, des hommes et des femmes, des enfants, des adolescents prisonniers de leurs blessures, de leurs difficultés et de leurs passions. Il ne serait pas étonnant qu’existent des membres émigrés de nos familles, isolés, en maison de retraite. Sans doute y a-t-il des frères et soeurs, des parents qui ont faim et soif de notre pardon. C’est en les visitant par notre attention, notre présence, nos paroles que nous rendrons à Dieu l’amitié qu’il nous fait. Qu’en ce beau dimanche d’Amitié, de Journées d’Amitié, nous sachions nous rendre disponibles à tous ces petits que Jésus a salués du beau nom de « frères ».

P. Ollier

Journées d’Amitié 2017

« Voyez comme il est bon de vivre en frères et d’être unis » dit le psalmiste

Chaque année la paroisse se rassemble pour un moment de fraternité, de convivialité.
Ce sont les JOURNÉES d’AMITIÉ de la paroisse.

Durant trois jours l’ancienne chapelle des catéchismes vous accueille pour un moment joyeux.

Les vendredi 24 et samedi 25 novembre de 14h à 19h

On peut :

  1. Y faire des emplettes (brocante, vêtements, cadeaux de Noël, épicerie, fleurs)
  2. Y prendre un café, un thé, une mignardise
  3. Y croiser amis et connaissances voisins de paliers ou de chaise à la messe le dimanche.
  4. Jouer à la tombola

Le dimanche 26 novembre à 12 h 30

Déjeuner, réalisé amicalement, cette année, par le chef Denny IMBROISI

Sur inscription auprès du secrétariat : bulletin d’inscription sur la FIP du 12 novembre 2017

Après une formation de cuisinier et plusieurs postes dans des restaurants étoilés, chez lui en Italie, Denny Imbroisi passe la frontière pour explorer les cuisines françaises. D’abord chez Mauro Colagreco, chef doublement étoilé à Menton puis chez William Ledeuil à Paris avant de réaliser son rêve de travailler chez Alain Ducasse. Sous-chef au Jules Verne pendant deux ans, il y apprend ce qu’il lui manque pour ouvrir sa propre adresse IDA, en 2015. MENU

Les bénéfices des ces Journées d’Amitié serviront à la réfection des vitraux du cloître
(convention de mécénat avec la ville de Paris)

Dans l’attente de vous accueillir à l’occasion de ces journées, je vous assure de mon fidèle souvenir.

Père Jacques Ollier

A toute chose son temps, à tout ce qui existe, sous le ciel et sur la terre, son heure

« A toute chose son temps, à tout ce qui existe, sous le ciel et sur la terre, son heure.
Une heure pour naître et une heure pour finir,
Une heure pour planter, et une heure pour arracher…
Une heure pour détruire et une heure pour construire.
Une heure pour pleurer, et une pour rire.
Une heure pour gémir, et une pour danser.
Une heure pour ôter les pierres, et une pour les amasser.
Une heure pour s’étreindre, et une pour s’abstenir…
Une heure pour se taire, et une pour parler.
Une pour aimer, et une pour s’en dispenser.
Une heure pour faire la guerre, et une heure pour faire la paix. » (Livre de l’Ecclésiaste 3)

La Bible, plus que tout autre littérature antique, présente cette particularité de considérer le temps non comme une contrainte qui se traduit souvent dans la vie ordinaire comme un manque, mais comme une bénédiction. Cette heureuse vision s’inaugure dans les premières pages de la Bible par le leitmotiv bien connu qui rythme la création : « Il y eut un soir, il y eut un matin… » (Genèse 1).

La bénédiction du temps trouve d’autant plus de pertinence de nos jours que le temps semble se précipiter. L’accélération est probablement le marqueur anthropologique de ce siècle : accélération technique (transports, communication), accélération des changements sociaux (styles de vie, structures familiales, affiliations politiques et religieuses). Nous ne nous situons plus dans un temps long, mais court, et même ultra-court.

La parabole des vierges sages et des vierges folles nous offre une réflexion sur l’usage du temps et sa fin. Il y a un temps pour tout. Et il y a un temps pour qu’il n’y ait plus de temps, nous dit la parabole. Le temps disparaîtra. C’est la leçon indéniable de la parabole. Il faut savoir profiter, bâtir le temps. Mais vient un moment où celui-ci n’est plus. Alors on ne peut plus rien faire. D’où l’importance d’avoir su se préparer.

Dans la doctrine de l’Église, cette parabole trouve un écho dans la réflexion sur ce que l’on appelle le jugement personnel. À notre mort, c’est sur ce que nous aurons fait ou non que nous serons jugés. Nous ne bénéficierons pas d’une sorte de rémission temporelle (ou d’un flash) pour nous reprendre ou nous retourner. D’où la conclusion de la parabole qui nous scandalise. Les vierges sages ne prêtent pas d’huile aux folles. Car il n’est plus temps, ou plus exactement, il n’y a plus de temps pour le faire.

Que la bénédiction du temps, que l’on peut apprécier par un certain art de vivre, nous permette de nous préparer à rencontrer notre Seigneur et juge. Que la bénédiction du temps nous donne en particulier l’occasion d’introduire -ce qui est le propre d’une humanité en voie de progression- « le sacré dans nos travaux et dans nos jours » (Les bâtisseurs du temps, A. Heschel).

P. Ollier