Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas (Jn 1, 26)

Exceptionnellement, la liturgie nous permet cette année de célébrer un dimanche la nativité de saint Jean-Baptiste. Personnalité aujourd’hui méconnue, saint Jean-Baptiste a, pendant des siècles, était la lampe à laquelle se sont éclairés ceux qui allaient à la Lumière. Très tôt, saint Jean-Baptiste a reçu de l’Église une très haute estime qui lui venait, sans aucun doute, de la vénération de son jeune cousin, Jésus. Celui-ci ne dit-il pas de lui qu’il n’est pas d’homme plus grand que Jean, le Baptiste (Mt 11,11) ? Chacun des quatre évangélistes lui donne une place unique parmi les protagonistes de leur récit inspiré.

Au mur des basiliques, sous forme de mosaïque (Sainte-Sophie), dans les chapelles représenté a fresco (capella Peruzzi), au fronton des cathédrales ou sur nos vitraux à Saint-Étienne-du-Mont, saint Jean-Baptiste rencontre tout au long de l’histoire du christianisme une considération singulière et uniforme. En témoigne la date choisie de sa naissance qui rythme, avec celle du Sauveur, l’année en ses solstices.

Personnage exceptionnel de l’histoire du salut, ayant reçu pendant des siècles une place unique dans les évangiles, l’iconographie, la liturgie, pourquoi Jean-Baptiste n’est-il plus à la mode ? Qui met au tronc devant l’éphèbe du baptistère, dans la première chapelle à l’entrée de l’église ? Assurément, ceux qui vénèrent le Précurseur sont majoritairement des visiteurs d’autres pays. Comment expliquer ce peu d’attention à la figure du Baptiste ?

Sa vénération me paraît un bon moyen de connaître la qualité de notre relation au Christ. D’après l’Évangile, « nul ne vient à Jésus sinon par Jean le Baptiste ». Il récapitule, en effet, en lui toute la tradition biblique précédente qu’il porte en quelque sorte sur lui les traits caractéristiques des prophètes : le vêtement, le verbe dénonciateur. Il récapitule tout l’héritage assemblé par Dieu pour l’éducation du peuple élu pendant des siècles. De plus, semblable aux prophètes de l’Alliance, il se livre entre les mains de Celui qui achève toutes choses : le Christ. Mais l’achèvement ne se comprend bien qu’en fonction de l’ébauche. On ne peut goûter vraiment le Christ que si l’héritage de l’Ancienne Alliance est assumé, reçu, assimilé.

Dans sa bonté, Dieu a voulu nous donner des maîtres. Abraham, Moïse, David, Elie, Isaïe, et bien d’autres patriarches et prophètes. Tous ne font qu’un en la personne de Jean-Baptiste. Voilà pourquoi il est le plus grand parmi les enfants des hommes. Semblable aux patriarches et aux prophètes, il annonce un plus grand que lui, que nous ne connaissons pas, que Dieu lui a révélé. Le Précurseur crie : « Au milieu de vous se tient Celui que que vous ne connaissez pas ». Pour le connaître, il n’est d’autre voie que celles enseignées par Dieu, Les Écritures. Méconnaître l’Ancien Testament, c’est ignorer le Christ qui se prépare un chemin dans le coeur des hommes à la nuque raide. Nous !

Père Jacques OLLIER

La parabole du semeur

Le pape Benoît XVI a médité cette parabole, dans un entretien spontané, aux prêtres du Val d’Aoste (Italie), le 25 juillet 2005.

… Le travail du Seigneur avait commencé dans un grand enthousiasme. On voyait que les malades étaient guéris, tous écoutaient avec joie cette parole : « Le Royaume de Dieu est proche ». Il semblait que, vraiment, le changement du monde et l’avènement du Royaume de Dieu étaient imminents (…). On était dans l’attente d’un messager de Dieu qui prendrait en main le gouvernail de l’histoire. Mais nous voyons ensuite que, oui, les malades étaient guéris, les démons expulsés, l’Évangile annoncé, mais, pour le reste, le monde demeurait comme il était. Rien ne changeait. (…) La vie était difficile chaque jour, malgré ces signes, ces belles paroles. Et ainsi l’enthousiasme s’éteignait (…)

Le Seigneur parle du semeur qui sème dans le champ du monde. Et la semence semble être comme sa Parole, comme ces guérisons, une chose vraiment petite par rapport à la réalité historique et politique. Comme la semence est petite, négligeable, ainsi est la Parole.

Cependant, nous dit la parabole, dans la semence l’avenir est présent, parce que la semence porte en elle le pain de demain, la vie de demain. La semence semble n’être presque rien, et pourtant la semence est la présence de l’avenir déjà présent aujourd’hui. Et ainsi, il nous dit par cette parabole : nous sommes dans le temps des semailles, la Parole de Dieu semble n’être qu’une parole, presque rien. Mais ayez courage, cette Parole porte en elle la vie ! Et elle porte du fruit ! La parabole dit aussi qu’une grande partie des semences ne porte pas de fruit parce qu’elle est tombée sur la route, sur le terrain rocailleux, etc. Mais la partie qui est tombée dans la bonne terre donne trente, soixante, cent pour un.

Cela nous fait comprendre que nous devons être courageux même si la Parole de Dieu, le Royaume de Dieu, semblent sans importance historico-politique. À la fin, Jésus, le dimanche des Rameaux, a comme résumé tous ces enseignements sur la semence de la Parole : si le grain de blé ne tombe pas en terre et ne meurt pas, il demeure seul ; s’il tombe en terre et s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. Et il nous a fait ainsi comprendre qu’il est lui-même le grain de blé qui tombe en terre et qui meurt. Lors de la crucifixion, tout semble raté, mais c’est ainsi, en tombant en terre, en mourant, lors du Chemin de Croix, qu’il porte du fruit en tout temps, pour tous les temps (…) Il me semble que dans l’histoire de l’Église, sous des formes diverses, toujours existent ces questions qui nous tourmentent réellement : que faire ? Les gens semblent n’avoir pas besoin de nous, tout ce que nous faisons semble inutile. Mais nous apprenons de la Parole du Seigneur que seule cette semence transforme toujours à nouveau la terre et l’ouvre à la vraie vie.

Sur la sainte Communion

« Et quant au désir du saint Sacrement, il le faut exciter par l’amour de l’Espoux et par la considération de l’honneur et du bien que nous recevons de sa venue : a quoy serviront les eslancemens spirituels desquelz j’ay parlé ci dessus, et les considérations que je mettray ci dessous, avec les imaginations que j’y depeindray.

Si la nuict on s’esveille, il faut remplir sa bouche de quelque bonne aspiration, comme du nom de Jésus et Marie, qui sont propres a parfumer la bouche en laquelle Nostre Seigneur veut entrer ; ou bien les paroles de l’Espouse : « Je dors, et mon coeur veille, et semblables. »

Le mattin il se faut lever avec joÿe extraordinaire pour le bien qu’on doit recevoir ce jour-la; et ainsy se préparer a la communion.

Il faut, s’approchant de la Communion, y aller les yeux baysés et en posture tres humble. Je n’approuve pas que sur le point on dise aucun’orayson vocale, sinon : « Seigneur, je ne suis pas digne » et le Confiteor. Je n’appreuve pas aussi que l’on estende la langue hors des levres, ni que l’on ouvre si peu la bouche qu’il soit malaisé d’y mettre la sainte hostie, ni que l’on s’avance en quelle façon que ce soit pour la prendre, puisque celuy qui la presente ne se rencontrant pas avec la bouche de celuy qui s’avance, il se pourroit faire de l’irreverence. Il faut donques ouvrir la bouche et dresser la teste, et attendre que le prestre mette la sainte hostie dans la bouche, sans faire autre mouvement jusques a ce qu’elle soit logee.

Apres la Communion, nous devons semondre nostre ame a plusieurs affections, comme par exemple : a la crainte de contrister et perdre ce saint Hoste, comme faysoit David, disant : Seigneur, ne vous departes point de moy ou comme les deux pelerins d’Emaüs qui luy disoyent : « Demeures avec nous, car il se fait tard ». A la confiance et force d’esprit, avec David. « Je ne craindrais nul mal, par ce, Seigneur, que vous estes avec moy ». A la joÿe d’esprit, a l’exemple de la bonne Lia, laquelle voyant qu’ell’avoit conceu un enfant en son ventre, s’escrioit : « Ce sera maintenant que ton mari m’aymera » ; car ainsy, ayans en nous-mesme le Filz de Dieu, nous pouvons bien dire : C’est maintenant que Dieu le Pere m’ayme. Ou bien comme Sara, laquelle ayant Isaac disoit : « Maintenant Dieu m’a fait une joye, et quicomque l’entendra s’en resjouira avec moy ». Et il est vray aussy que les Anges font feste autour de ce saint Sacrement et de ceux qui l’ont receu, comme dit l’Espouse, laquelle en cette considération disoit : « Mon Bienaymé est a moy et moy je suis a luy ; il demeurera entre mes mamelles, c’est a dire, sur mon coeur. J’ay treuvé celle que mon ame cherit, je le conserveray soigneusement. »

A l’action de graces, par les paroles que Dieu mesme dit a Abraham : « 0 Seigneur, par ce que vous m’aves faitte cette grande grace, je vous beniray de benedictions immortelles et multiplieray vos louanges comme les estoiles du ciel. »

Saint François de Sales Traité sur la sainte Communion

Premier salon d’art sacré (église Saint-Germain-l’Auxerrois)

A l’occasion de la Foire Internationale d’Art Contemporain (FIAC) 2017, L’Art Sacré organise un « Salon » :

  • Mercredi 18 octobre à 20h : Concert inaugural par le pianiste Jun Kanno
  • Vendredi 20 octobre : table ronde présidée par Mgr Bruguès, o.p. archiviste et bibliothécaire du Vatican
  • Samedi 21 octobre : audition d’orgue et chant choral
  • Dimanche 22 octobre : messe des artistes célébrée par Mgr Bruguès

Ouvriers de la première ou de la dernière heure ?

L’évangile de ce dimanche peut nous surprendre ou nous choquer par ce qui peut paraître une injustice dans cette relation individuelle de travail entre le maître et ses ouvriers ; ceux qui sont arrivés à la dernière minute, ceux qui n’ont travaillé qu’une seule heure, touchent autant que ceux qui ont « enduré le poids du jour et de la chaleur »

Nous sommes surpris et choqués parce que nous n’avons pas compris l’objectif de Jésus. Le Seigneur ne veut pas ici, nous donner une leçon d’économie ou de justice sociale. Quand il nous décrit cette journée de travail dans la vigne, il nous parle en réalité du Royaume et de la surabondante bonté de Dieu.

Dieu se donne à tous et de la même manière au premier comme au dernier arrivé. Si l’on considère le point de vue du Dieu d’amour, la pièce de monnaie, le denier reçu n’est pas une pièce d’argent, mais le Christ lui-même. Et chacun reçoit la plénitude de ce qu’il peut recevoir. Ce qu’il peut recevoir c’est à la mesure de son attachement au Christ.

Une autre image pour nous faire comprendre ce que signifie cette mesure ; elle est de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus : que votre verre (à boire) soit petit ou grand, le Christ va le remplir, il n’y a donc plus de comparaison possible ; le petit verre est aussi plein que le grand verre ; c’est le Christ tout entier qui se donne à chacun, ouvrier de la première ou de la dernière heure.

P. Anatole Dédegbé

Groupe scout

Le groupe Scouts et guides de France de notre paroisse Saint Étienne-du-Mont recherche des chefs et cheftaines.

N’hésitez pas à vous adresser à la sortie de la messe de 11h ce dimanche ou lors du pot à Anne Sené. Voici aussi son mail :

annesene0 [at] gmail.com

 

Rentrée 2017

C’est la rentrée paroissiale ce dimanche. Une rentrée marquée par le souhait de nombreux paroissiens de voir se tisser entre eux des liens de fraternité comme nous y appelle Jésus : « À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres » (Évangile selon saint Jean 13, 34-35). »

Nous croyons à l’amour universel. La fraternité universelle. Celle-ci n’est rendue possible que par une grâce extraordinaire.

Elle se donne déjà dans des relations de proximité, familiales, amicales. Car il est bien difficile d’aimer ce qui est loin, étranger à notre culture, notre langue.

Il nous faut nous habituer à aimer. Jésus commence par nous commander : l’amour du prochain, de notre voisin. Et cela tombe bien puisque voisinage, proximité est le terme grec qui a donné le mot : paroisse.

L’année passée, la paroisse a organisé un dîner de fraternité qui a été un beau succès. Tous ceux et celles qui y ont participé (ils étaient 80) ont souhaité rééditer. Des liens se sont formés. Des contacts pris. On se revoit. Et pas seulement à la messe.

« Voyez comme ils s’aiment… ». C’était là le constat des premiers observateurs de ceux qui se faisaient appeler chrétiens, au Ier siècle de notre ère : « La multitude de ceux qui étaient devenus croyants avait un seul cœur et une seule âme » (Actes des Apôtres, 4, 32)

Les témoignages des temps apostoliques sont unanimes à ce sujet : « Vous voyez, bien-aimés, combien la charité est chose grande et admirable, et il n’est pas possible d’en expliquer la perfection. Qui peut être trouvé capable d’y atteindre, sinon celui à qui Dieu en a fait la grâce ? Prions-le donc, et demandons à sa miséricorde d’être trouvés dans la charité, loin de toute acception de personne, exempts de reproches.  Toutes les générations, depuis Adam jusqu’à ce jour, ont passé, mais ceux qui ont été trouvés dans la charité par la grâce de Dieu demeurent dans le séjour des saints, qui se manifesteront lorsque apparaîtra le royaume du Christ. » (Épître de Clément aux Corinthiens 50, 1).

Cette année encore la paroisse propose plusieurs moments de fraternité. Bien sûr, la première et la plus essentielle est l’eucharistie dominicale où nous célébrons dans un même élan de générosité la Pâque du Seigneur, où nous levons les yeux aux cieux en priant d’un même cœur : « notre Père » qui fait de nous ses enfants et donc des frères.

Il y aura cette année 5 rendez-vous exceptionnels de fraternité

  1. Le déjeuner des Journées d’Amitié. Cette année, c’est un chef renommé qui nous régalera (26 novembre).
  2. Dîner fraternel : vendredi 26 janvier 2018, 20h – 22 h 30
  3. Pèlerinage sur les terres de Sainte Geneviève et la tombe de Charles Péguy, à Villeroy-Chauconnais (77) : dimanche 18 mars 2018, de 10h à 17h.
  4. Pique-nique tiré du sac : dimanche 8 avril 2018.
  5. Dîner fraternel : 1er juin 2018 ; 20h –22h30

Le dîner est simple et paisible. Il se passe dans des foyers de la paroisse. 7 ou 8 personnes s’y rejoignent. Dans chaque foyer le menu est le même. À 22h on se retrouve à l’église pour le dessert et pour chanter complies.

Que ce moment de grâce que nous avons vécu en fin d’année académique puisse se rééditer, pour le bien de tous et de chacun pour répondre à l’amour du Christ qui nous pousse et nous  presse

Bonne rentrée à toutes et à tous.

P. Ollier

 

Un temps pour se souvenir

Le temps des vacances est un temps pour se souvenir. Du moins pour ceux et celles qui bénéficient de congés. Le temps du souvenir. Nous sommes en effet presque contraints aujourd’hui de nous retourner sur nous-mêmes pour envisager l’avenir. Car nous sentons bien que nous sommes à la croisée des chemins. Notre civilisation, en tant que permanence vitale et principale, ce que nous sommes sans avoir à nous le dire, c’est-à-dire une culture, une langue, une histoire, une terre, une identité personnelle et corporelle- notre civilisation issue d’un amalgame très riche et presque impondérable, tend à disparaître. L’image a pris le pas sur la parole. Elle l’emporte sur toute raison. La technique, aujourd’hui, subjugue les consciences les plus affinées. L’information est aujourd’hui le vecteur le plus naturel de la communication (il n’est que d’écouter les conversations de table ; elles s’alimentent et se réduisent parfois à l’information basique et partielle, partiale disons-le, qui nous est assénée).

Devant ce constat qui pourrait paraître sombre, pessimiste, malsain pour certains, que dire, que faire ? Il est peu probable que nous arrêtions le monstre qui, de toute façon, n’est pas derrière nous, mais qui, déjà, est passé devant nous. C’est un empire. Chaque civilisation a le sien, tandis qu’une culture n’en a pas. Que faire ? Sommes-nous condamnés à une résistance spirituelle, chrétienne, devant ce qui nous est proposé comme un modèle économico-politique : l’homme augmenté que les neurosciences et la génétique rendent possible aujourd’hui, est le fantasme de quelques chercheurs pour abolir la mort d’un petit nombre de ressortissants,bien sûr, privilégiés. On prépare la GPA[1], la gestation pour autrui. On prépare des ventres de femmes esclaves qui serviront de matrices aux espoirs perdus et aux désirs inassouvis de quelques privilégiés, là encore. Que nous diront ces enfants dans vingt ans ? Il n’est déjà pas simple de se recevoir comme fils ou filles dans la filiation naturelle de la chair. Alors être sans père, sans mère, un enfant sans origine, que cela représentera-t-il pour eux ? Bientôt les enfants entièrement conçus en laboratoire, selon des critères biologiques choisis, des enfants sur catalogue ? Si nous devons accueillir cette nouvelle civilisation qui nous vient de l’ouest[2], si nous l’avons déjà faite nôtre, du moins pouvons-nous ne pas accepter « l’abomination de la désolation[3] » ? Que la technique nous désolidarise de nous-mêmes, de notre chair, de ce que nous avons en nous de fragile, d’humain. Ce que le Christ a choisi pour le faire sien jusqu’au bout de la route humaine. Jusqu’au don de soi où l’homme se trouve plus qu’en aucune de ses possessions. C’est là l’exigence que nous devons pouvoir poser. Ne pas être obligé par la technique et son progrès. Mais exercer un droit de conscience et de responsabilité devant nous-mêmes, notre avenir, nos enfants. Nous souvenir de qui nous sommes.

De notre humaine fragilité et de ce qu’elle représente pour celui, celle qui la portera, demain, avec nous. Car nous ne sommes pas seuls. Peut-être au fond, la technique ne cherche t’elle qu’à parer au défaut de communion et de paroles qui nous laisse trop seul devant des écrans. Acceptons de porter notre humanité avec autrui. Avec notre frère, notre soeur, notre époux, notre épouse, notre père, notre mère, nos enfants.

Avec le Christ qui a couru la course de notre humanité jusqu’à la fin, pour nous.

Père Jacques Ollier

[1] Une GPA réalisée à l’étranger ne fait pas obstacle, à elle seule, à l’adoption de l’enfant par l’époux de son père (Cours de Cassation, 5 juillet 2017)
[2] C’est un trope commun de la théologie américaine calviniste. La prédestination des élus étant acquise, ils n’ont pas à s’assurer de leur salut par leurs actes. Ils n’ont plus qu’à s’assurer de leur bonheur ici-bas.
[3] Expression utilisée lors de la profanation du temple de Jérusalem par Antiochus Épiphane en -167

Plus que moi ?

En cette fin d’année, nous faisons des bilans. La paroisse ne déroge pas à la règle. Comme à la fin de chaque année les prêtres de la paroisse se sont retrouvés pour une journée d’échanges et de dialogues sur les mois écoulés, sur nos vies sacerdotales, nos ministères. Chacun s’exprime librement selon son génie et le temps qu’il lui faut pour ce faire. Je n’entre pas, bien sûr, dans le détail. L’un de nous reconnaissait qu’en avançant, il se rendait bien compte de l’essentiel et de ce qui n’est qu’écume de la vie évangélique. De ce que Dieu nous demande vraiment, et de ce qui n’est qu’occasionnel.

L’évangile du jour nous dit cela avec une telle force qu’il en est presque inaudible : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi, n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi. Qui a trouvé sa vie la perdra ; qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera » (Évangile selon saint Matthieu 10,37)

Lorsque j’étais séminariste nous échangions sur les réactions de nos parents à l’annonce de notre entrée au séminaire. L’un de nous racontait que son père lui avait reproché de ne pas aller au-delà des classes prépa qu’il avait réussies. Il lui répondit : vous m’avez enseigné depuis ma plus tendre enfance : « Dieu premier ». Aujourd’hui, je le mets en application.

À une jeune femme se préparant au mariage qui m’interrogeait sur la forme d’intimité du foyer qu’elle allait composer avec son époux je disais la Parole de Dieu : « l’homme quittera son père et sa mère pour s’attacher à son épouse et ils ne formeront plus qu’un ».

Parole reprise par Jésus à propos du mariage. Il y a une liberté à quitter une terre, une patrie, des attaches, des traditions désuètes, des parents, pour tenir ce qui a de l’avenir.

S’attacher à Dieu c’est être libre. Plus que tous. Saint François d’Assise nous l’a montré avec tant de grâces. Dieu tient ses promesses.

C’est pourquoi on peut s’attacher à lui et devenir libre. Des contraintes, de l’esprit du jour, du respect humain, de la mode, du péché aussi. Qu’il nous rende libre en le choisissant : Dieu premier, et tous nos biens seront à leurs places.

P. Ollier

Départ du P. Sebastiano Serafini

Le curé de la paroisse m’a invité à donner cette homélie, ou, plutôt, à vous parler brièvement de mon expérience parmi vous durant les 10 mois passés.

Je le remercie de me donner l’occasion de présenter les éléments qui, à mon avis, caractérisent l’expérience ecclésiale italienne et française. De toute évidence, ma perception est limitée. Cependant, je pense que je suis en mesure de signaler certains aspects qui peuvent nous aider à comprendre la richesse de l’Église catholique et la pluralité des expériences de foi.

Mettre l’accent sur les caractéristiques qui distinguent les différentes réalités ecclésiales ne signifie pas opposer mais chercher les conditions d’enrichissement mutuel, de perfectionnement de soi-même et parvenir à une meilleure compréhension de la réalité ecclésiale vécue.

Unis dans la communion de l’Église catholique, unis par la même foi dans le Dieu trinitaire, soutenue par l’Esprit Saint, liés par la participation au corps et au sang du Christ, nous vivons cependant dans différents milieux culturels et sociaux. Et c’est au fond la richesse de l’Église : vivre l’unité dans la diversité ; trouver l’unité dans la célébration du mystère pascal et l’invocation de Dieu comme Père ; vivre la propre diversité culturelle et sociale dans la profession de la même foi dans le Christ notre Sauveur.

Durant ces 10 mois, j’ai eu l’occasion de vivre dans un milieu social, politique et religieux différent de l’Italie. En particulier, l’Église française, pour ce que j’en ai compris, vit dans une conjoncture marquée par la présence multiculturelle et multireligieuse, et une distinction claire entre l’autorité de l’Église et les pouvoirs de l’État. En outre, la présence catholique est devenue numériquement minoritaire, ce qui rend difficile l’incidence de la foi dans les tissus sociaux. Cependant, ces éléments offrent une occasion d’évangélisation. Ils purifient également la foi des influences culturelles et politiques qui peuvent parfois affecter son authenticité. En ce sens, dans cette paroisse, j’ai constaté l’accent mis sur la qualité de l’initiation chrétienne, sur les célébrations liturgiques, sur le caractère spirituel de l’existence chrétienne, sur la construction des liens de fraternité et sur l’importance de l’alliance entre les prêtres. Dans ce contexte, la foi est accueillie, choisie, vécue comme une expérience fondamentale et distincte de l’identité personnelle.

Ces derniers mois également m’ont permis d’appréhender une culture unique au monde. En particulier, l’Église française se retrouve dans un « courant de pensée chrétienne » marquée par l’expérience spirituelle des personnalités comme François de Sales, Charles de Foucault, Jean Marie Vianney, Saint-Vincent-de-Paul ; par des théologiens comme Teilhard de Chardin, Chenu, Daniélou, de Lubac, Congar, Theobald ; par des philosophes comme Levinas, Ricœur, Marion. Une convergence de l’expérience spirituelle, l’enracinement théologique, la réflexion philosophique qui se présente comme unique dans le monde.

La conjoncture dans laquelle vit et travaille l’Église en Italie est différente. Je souligne deux aspects, un social et l’autre pastoral.

En général, un premier aspect, immédiatement apparent, est que l’Église en Italie vit dans une ambiance de majorité numérique des catholiques. La présence de l’État du Vatican et la présence d’une majorité permet à l’Église italienne d’être « reconnue » juridiquement et socialement, tant de l’État que de la société. En ce sens, la paroisse est considérée comme un point de référence essentiel pour l’agrégation sociale, dans le débat politique, pour l’activation des projets d’éducation pour les jeunes générations. Pour cette raison, presque tous les prêtres sont engagés dans le dialogue avec les administrations de la ville, avec les services sociaux, avec les organismes d’enseignement, avec les diverses associations culturelles et éducatives. La paroisse et les prêtres sont donc une partie importante du paysage culturel, psychologique, social du peuple italien. Même si cela peut être un avantage, cela peut créer aussi une incompréhension au point que de nombreux italiens peuvent « s’appeler catholiques » sans être en contact direct avec la paroisse et la foi catholique !

En plus de cette dimension juridique et sociale, l’Église italienne, surtout après le Concile Vatican II, a condensé sa présence sur trois activités pastorales. La première est l’expérience des associations et mouvements catholiques. Dans une paroisse, en plus du catéchisme traditionnel, peuvent exister et vivre ensemble beaucoup de groupes paroissiaux et associations comme l’Action catholique, le Mouvement de Focolari, Communion et Libération, les Scouts, le Mouvement franciscain, le Mouvement des salésiens de Don Bosco, le Mouvement néocatéchuménal, le Renouveau charismatique, groupes pour les familles catholiques, centres pour personnes âgées. Cela permet à la paroisse une vivacité, et la présence de forts liens de fraternité. Souvent, tous ces groupes sont suivis par le curé, qui devient une sorte de « chef d’orchestre », engagé à « tenir ensemble les différentes diversité et sensibilité ». En ce sens, la paroisse semble comme un « espace de coordination et de fraternité » entre les différentes expériences de la foi et la vie, et non pas comme un « centre d’identité personnelle ».

Un autre domaine de l’activité pastorale typique de la paroisse italienne est la présence de l’oratoire[1], entendu, cependant, comme espace éducatif et social destiné exclusivement aux jeunes. En particulier, grâce au travail et le témoignage de saint Jean Bosco, de nombreuses paroisses ont construit une environnement, composé d’espaces utilisés quotidiennement par les jeunes, où ils peuvent se rencontrer et faire les activités propres à leur âge : sports, activité éducative, culturelle, théâtrale, musicale. En ce sens, la paroisse essaie de « parler la langue de la jeunesse » et, ainsi, de créer des liens avec leur monde, pour être une présence significative dans leur croissance humaine et spirituelle.

Enfin, un troisième domaine de la pastorale typique de la paroisse italienne est la présence active dans le témoignage de la charité. Cela se déroule de façon concrète, par l’existence, dans presque toutes les paroisses, d’un « centre d’écoute », souvent composé de volontaires qui sont disponibles pour écouter, observer, identifier les différents problèmes sociaux dans la ville, et permettre d’activer des chemins de solidarité. Les pauvres, les immigrés, les marginalisés, les malades trouvent, de cette façon, un centre d’écoute, de fraternité, d’accompagnent, où commencer un chemin de libération de la solitude et de la pauvreté.

Pour ce que j’ai expérimenté, l’expérience de la différence et de l’identité culturelle et chrétienne présente dans l’Église française, et l’expérience pastorale et sociale de l’Église italienne, ne sont pas exclusives, ni exportables. Chaque expérience a sa raison d’être dans la conjoncture sociale et culturelle dans laquelle on vit. Mais ces singularités peuvent s’intégrer et s’éclairer les unes les autres. La foi accueillie, choisie, vécue comme une expérience fondamentale et distincte de l’identité personnelle, typique du milieu ecclésial français, peut être intégrée avec la vision sociale et pastorale proposée par la pratique italienne. En même temps, la dimension sociale et l’expérience pastorale, typique du milieu ecclésial italien, ne doit pas faire oublier le caractère culturel, spirituel, liturgique de l’existence chrétienne, proposée par la pratique française. Les deux, dans leur diversité, exprimant l’unique foi en Christ le Sauveur, notre maître et pasteur.

Enfin, je voudrais remercier le curé, le Père Ollier qui m’a accueilli avec confiance et fraternité, et tous les prêtres de la paroisse, les collaborateurs, les chœurs merveilleux, et tous les fidèles qui m’ont accompagné et soutenu  malgré l’ « accent italien» et les erreurs, que j’ai faites dans votre belle langue française !

Je vous attends en Italie. Grazie di tutto.

Don Sebastiano Serafini

 

[1] En France, nos « Patronages » (nde)

Journées d’Amitié 2017

Chers paroissiens,

Les Journées d’Amitié ( 24 et 25 novembre prochains), moment important d’échange et de partage, tirent leur réussite de votre collaboration car nous avons besoin de vos dons : livres, vêtements propres, jouets, tous objets de brocante, en fait ce que vous voudriez vous-mêmes dénicher en venant visiter les stands. En nous aidant ainsi, vous êtes utiles et vous faites plaisir.

Dès maintenant, hors vacances d’été, vous pouvez déposer vos dons en bon état à l’église, au secrétariat ou auprès des sacristains.

Grand merci d’avance,
Catherine Mounier, responsable des Journées d’Amitié,
catherinemounier75005 [at] wanadoo.fr

Ordinations 2017

Charles-Antoine Fogielman sera ordonné prêtre le samedi 24 juin. Il présidera sa première messe le dimanche 25 juin à 11h. Il poursuivra l’année prochaine sa maîtrise de théologie à Rome et sera présent, comme cette année, durant les vacances scolaires à la paroisse