Pâques de ce monde au Père

Aujourd’hui, nos pères sont délivrés de l’esclavage d’Égypte et de la main de Pharaon. Par Dieu, et par Moïse son serviteur, ils sont sauvés de la servitude, à main forte et à bras étendus. Aujourd’hui, ils ont mangé la Pâque en toute hâte, car l’amour de la liberté n’attend pas un ventre plein. Aujourd’hui ils franchissent à pied sec la mer rouge. Aujourd’hui, sur la montagne sainte, ils servent le Seigneur et confessent son Saint Nom.

Cet aujourd’hui de la Pâque d’Égypte trouve sa réalisation parfaite dans la Pâques du Christ. Les deux s’éclairent mutuellement. L’une préfigure l’autre. La seconde la mène à son terme. Aussi ne pouvons-nous ignorer ni l’une, ni l’autre. Et si quelqu’un ne comprend pas, qu’il ne s’en prenne pas à Moïse. Car alors Moïse leur montrera « le rocher qui est le Christ. Car le Christ, frappé et mis en croix, a fait jaillir les sources de la Nouvelle Alliance. » (Origène, Homélie sur l’Exode, Éd du Cerf, 1946, p. 233). Cette référence au Christ – Rocher trouve sa compréhension dans la référence implicite que fait Origène à la parole de l’apôtre Paul dans l’Épitre aux Corinthiens : « Car je ne veux pas que vous l’ignoriez, frères : nos pères ont tous été sous la nuée, tous ont passé à travers la mer, tous ont été baptisés en Moïse dans la nuée et dans la mer, tous ont mangé le même aliment spirituel et tous ont bu le même breuvage spirituel – ils buvaient en effet à un rocher spirituel qui les accompagnait, et ce rocher c’était le Christ. » (1 Co, 10, 1-3).

Le Christ passe. Il fait sa Pâques et accomplit l’exode de Jacob. Depuis les liens de l’ignorance et de l’asservissement à la Montagne de Dieu. Il traverse la mort à pied sec. Non sans étendre les bras et se laisser pénétrer du salut de Dieu. Il prend pied sur le rivage de la vie et s’en va dans les hauteurs, à la Montagne Sainte, pour y louer le Nom du Seigneur. De là il répand l’Esprit sur toutes créatures. De sorte que Dieu soit présent à tous ceux qui l’invoquent en vérité.

Tel est l’itinéraire pascal de Jésus. Tel est aussi le nôtre. Notre humanité s’en va en Dieu. Elle ne s’y dissout pas. Elle s’y oriente et trouve en Lui, non son aliénation, mais sa parfaite solution. Qui ne comprend pas cela, ne peut comprendre aussi que notre liberté n’est pas aliénée par l’obéissance à Dieu, mais au contraire libérée.

La revendication imbécile d’une liberté débridée est aujourd’hui la principale objection – parfois tacite – à la confession de foi. Montrons aux hommes que notre liberté n’est pas altérée, mais au contraire, vivifiée par notre appartenance à Dieu. Inventons de nouveaux lieux de paix et de communion, dans notre paroisse, nos familles, nos foyers, nos associations, et convions y ceux et celles qui pensent tout avoir et manquent l’essentiel. Ils disent : « Je suis riche, j’ai acquis de grands biens, je n’ai besoin de rien » ; et ils ne savent pas qu’ils sont malheureux, misérables, pauvres, aveugles et nus (Apocalypse, 3, 17-18).

Offrons-leur l’or éprouvé par le feu. L’or de la promesse de Dieu. Offrons-leur le témoignage de ce que Dieu a fait pour nous. De notre Pâques. Le Seigneur a fait telle et telle chose pour moi. Il a fait de moi son enfant. Il m’a pardonné, m’a consolé dans la peine, m’a rassasié de son Pain, m’a donné la foi, l’espérance, enfin m’a fait héritier du Royaume, c’est-à-dire familier de Lui. Sachons être simples dans le témoignage de notre Pâques. Simples et convaincants.

Dieu, en ce jour très saint vous communique sa joie. La joie de son Fils ressuscité. Qu’Il vous bénisse et vous garde !

Père Jacques Ollier

Femme adultère

« Que celui d’entre vous qui est sans péché lui jette la première pierre » ! Quelle sagesse dans ces quelques mots ! Comme il les remettait bien à leur place ! Au dehors, ils portaient contre une femme une accusation passionnée ; et ils ne rentraient pas au dedans d’eux-mêmes pour y scruter l’état de leur âme ; ils jetaient les yeux sur une adultère, et ne portaient point leurs regards sur leur propre conscience. Prévaricateurs de la loi, ils prétendaient la faire accomplir, même en se servant de la fourberie ; et, de fait, c’était de leur part de la fourberie, car en condamnant la femme adultère, ils faisaient semblant d’obéir à un sentiment de pudeur, et ils n’étaient eux-mêmes que des libertins. Vous avez entendu le gardien de la loi, mais vous n’avez pas encore compris votre Législateur. A-t-il voulu vous faire entendre autre chose, en écrivant avec son doigt sur la terre ? La loi a été effectivement écrite par le doigt de Dieu ; mais elle a été écrite sur la pierre à cause de la dureté du peuple d’Israël. Mais, pour le moment, le Seigneur écrivait sur la terre, parce qu’il cherchait à recueillir du fruit. Il vous a dit : Que la loi soit accomplie ; qu’on lapide la femme adultère ; mais, pour accomplir la loi des hommes qui méritent d’être eux-mêmes punis, ont-ils le droit de punir cette malheureuse ? Que chacun d’entre vous se considère lui-même, qu’il rentre au dedans de lui ; qu’il s’assoie au tribunal de sa conscience ; qu’il comparaisse en présence de ce juge intérieur ; qu’il s’oblige à faire l’aveu de ses propres torts ; car il sait qui il est, et personne, parmi les hommes, ne sait ce qui est dans l’homme, sinon l’esprit de l’homme qui est en lui. On se trouve dans l’état de péché dès qu’on se considère soi-même : tous en sont là, et il n’y a pas le moindre doute à élever à ce sujet. Par conséquent, de deux choses l’une : ou renvoyez cette femme, ou subissez la peine que la loi édicte aussi contre vous. Si le Sauveur disait : « Ne lapidez pas cette adultère », il serait par là même convaincu d’injustice. S’il disait : « Lapidez-la », il mentirait à sa douceur habituelle ; qu’il dise donc ce qu’il doit dire pour rester doux et juste : « Que celui d’entre vous qui est sans péché lui jette la première pierre ». Voilà bien la sentence de la vraie justice. Une pécheresse doit être punie, mais pas de la main de gens qui ont la conscience souillée ; la loi doit être accomplie, mais non par ceux qui la foulent eux-mêmes aux pieds. Oui, c’était la justice même qui s’exprimait par la bouche de Jésus ; aussi, frappés par ces paroles comme par un trait énorme, ils se regardèrent mutuellement, et se reconnaissant coupables, « ils se retirèrent tous l’un après l’autre », et il ne resta que la misérable pécheresse en face de la bonté miséricordieuse. Après avoir ainsi blessé ses ennemis du dard de la justice, le Seigneur ne daigna pas même faire attention à leur chute, mais, détournant d’eux ses regards, et « se baissant de nouveau, il écrivait sur la terre ».

Saint Augustin, Commentaire de l’Évangile selon saint Jean, 33
(traduction POUJOULAT et RAULX, Bar-Le-Duc, 1864)

Campagne de Carême 2013

En avril 2008, les Pères Dominicains de Bagdad ont audacieusement décidé de lancer le projet de fonder une « Université Ouverte », dans le but de participer à la reconstruction du pays dévasté par la violence qui règne depuis tant d’années. Dans cette conjoncture, il était nécessaire d’oser proposer un espace de recherche comme fondement d’une transmission du savoir et de la réflexion personnelle. L’Université Ouverte, aujourd’hui partiellement construite, dédiée aux sciences humaines, réunit actuellement 150 étudiants, jeunes, hommes et femmes, et de toutes communautés religieuses. Un tel projet d’ « université ouverte » demande beaucoup d’efforts, d’énergie et surtout la présence de plus en plus de d’enseignants sur place.

Un terrain attenant au couvent est mis en vente, d’une superficie de 936 m². La moitié de ce terrain est construite, l’autre moitié restant un terrain vague. La partie construite pourrait être utilisée immédiatement : logement des enseignants, activités apostoliques ; la proximité de notre couvent sera d’une grande utilité.

Nous sollicitons donc votre aide pour l’achat de ce terrain, avec la maison. Nous avons le soutien de la Province dominicaine de France.

Chèque à l’ordre de : Paroisse Saint-Étienne-du-Mont – Campagne de Carême ou espèces dans enveloppe. Campagne de Carême 2013 BAGDAD

Avec le Christ, montons à la Montagne de Dieu

La Montagne de la transfiguration figure parmi les sites incertains en Terre Sainte. La tradition byzantine, au IVème siècle, la situe au Mont Thabor, à quelques kilomètres de Nazareth. La proximité du lieu où Jésus passa 30 ans de sa vie explique aisément qu’on se soit résolu à le choisir comme lieu commémorant le récit que nous lisons aujourd’hui. Force est de constater néanmoins, qu’il est bien difficile de donner le nom de montagne (parfois appelée haute) à ce promontoire de 500 mètres de haut.

Les évangélistes se gardent bien de préciser l’endroit. Cette anomalie voulue doit nous conduire à interpréter ce passage de la manière suivante :

La Montagne sur laquelle le Christ prend Pierre, Jean et Jacques (παραλαβὼν Πέτρον καὶ Ἰωάννην καὶ Ἰάκωβον) ne peut être seulement représentée comme un lieu géographique. C’est une élévation mystique. Ce sommet est l’état de l’âme où Dieu se manifeste aux hommes choisis, élus par lui.

Moïse, sur le Sinaï : les incohérences de la description des montées et des descentes du chef des Hébreux nous laissent clairement percevoir qu’il ne s’agit pas d’une ascension physique.

Autre béni de Dieu : Élie, qui s’en vint trouver réconfort et assurance, sur la Montagne, quand Jézabel, la reine païenne du royaume d’Israël, le poursuivait de sa haine.

Nous les rencontrons, ces deux hérauts de Dieu, sur la Montagne, avec le Christ, Pierre, Jean et Jacques. L’Église en eux personnifiée. Car l’Église a son siège dans les cieux, à l’ombre de Dieu, au creux du Rocher. C’est pourquoi il est dit qu’une Nuée, une ombre, les couvrit tous.

L’entrée dans le mystère de Dieu ne se fait pas, en effet, sans quelque inconnaissance. Dieu ne saurait être connu parfaitement. Aussi ne cesserons-nous de monter avec lui. Lui grandira avec nous.

Tel est le terme que Jésus montre à ses disciples, après leur avoir prédit sa Passion. Tel est l’aboutissement qu’il nous montre au début du Carême.

« Accourons donc, dans la confiance et l’allégresse, et pénétrons dans la nuée, ainsi que Moïse et Elie, ainsi que Jacques et Jean. Comme Pierre, sois emporté dans cette contemplation et cette manifestation divines, sois magnifiquement transformé, sois emporté hors du monde, enlevé de cette terre ; abandonne la chair, quitte la création et tourne-toi vers le Créateur à qui Pierre disait, ravi hors de lui-même : Seigneur, il nous est bon d’être ici » (Anastase du Sinaï, Homélie pour la fête de la Transfiguration)

Montons avec le Christ sur la Montagne de Dieu. Cette ascension mystique ne se fait pas sans étape et sans refuge. Sans passer par Jérusalem, sur la Montagne Sainte. Sans trouver refuge au Mont Golgotha, lieu de notre salut.

Et non moins sans passer par notre petite Montagne-Sainte-Geneviève, où nous nous élèverons ensemble vers Dieu, aux Jours Saints.

Père Jacques OLLIER

Hommage à Benoît XVI

Tout au long de son pontificat, notre Pape a fait preuve d’une pénétration d’esprit rare. S’inspirant des éléments de discernement que le Concile Vatican II avait mis à disposition des pasteurs et des fidèles il a choisi de privilégier quelques actions propres à permettre à l’Église d’entrer dans l’espérance.

1. La première de ses actions fut de préserver, conserver et améliorer l’unité de l’Église : « C’est donc pleinement conscient, au début de son ministère dans l’Église de Rome que Pierre a baigné de son sang, que son Successeur actuel prend comme premier engagement de travailler sans épargner ses forces à la reconstruction de l’unité pleine et visible de tous les fidèles du Christ » (Benoît XVI, Premier message, 20.IV.2005). Il a entrepris tout d’abord de réconcilier les catholiques chinois, ceux de l’église officielle, et ceux liés à Rome (Lettre aux Évêques, aux prêtres, aux personnes consacrées et aux fidèles laïcs de l’Église catholique en République Populaire de Chine, mai 2007)

Il a tout mis en oeuvre pour réintégrer dans la pleine communion avec le Siège apostolique la Fraternité Saint Pie X, non sans attendre, de la part de la Fraternité, l’acceptation de quelques principes irréfragables pour l’Église catholique (Janvier 2009)

Il a contribué à l’unité de l’Église en instituant une prélature personnelle pour les anglicans souhaitant la pleine communion avec Rome (Constitution apostolique Anglicanorum coetibus, novembre 2009).

Enfin, il a convoqué un synode sur les églises d’Orient dans lequel il invite à une plus grande observation de ce que l’on appelle la communicatio in sacris, c’est-à-dire la possibilité pour des chrétiens Orientaux, qui en toute bonne foi sont séparés de l’Église catholique, de recevoir les sacrements de pénitence, de l’Eucharistie et de l’onction des malades (Ecclesia in medio oriente, septembre 2012).

Cette préoccupation constante pour l’unité de l’Église, que Joseph Ratzinger manifestait déjà lorsqu’il était cardinal, ne sert évidemment pas seulement la communion entre les chrétiens, mais a pour fin l’unité de l’humanité. C’est ce qu’il faut bien remarquer.

2. Le juste rapport entre foi et raison a été également un sujet de préoccupation pour le Pape. Cette attention était déjà sienne avant qu’il ne fût élu par les cardinaux : « In principio erat Verbum – au commencement de toutes les choses il y a la force créatrice de la raison. La foi chrétienne est aujourd’hui comme hier l’option pour la priorité de la raison et du rationnel. » (Vérité du christianisme, Paris, amphithéâtre de la Sorbonne, novembre 2009)

Pour le Pape, l’affirmation de la foi qui ne contredit pas la raison, est le socle sur lequel peut se reposer l’homme pour l’accès à la vérité. Sans cet accès à la vérité, il n’y a qu’opinions et relativisme.

Tout se vaut, donc rien n’est vrai. Mais alors quelle valeur peut avoir telle ou telle opinion qui est susceptible d’être contredite ? De récents débats ont fait la preuve de l’inanité de ces joutes. S’il n’y a pas de vérité, pourquoi débattre ? Que chacun se retire avec son opinion et la mette en oeuvre. Il n’est guère envisageable, alors de fonder une société unie. Ce que le Pape a bien compris : « le relativisme conduit à ne pas avoir de points de référence, le soupçon et la légèreté provoquent des ruptures dans les relations humaines, alors que la vie est vécue dans le cadre d’expériences qui durent peu, sans prise de responsabilité. » (Audience, octobre 2012)

3. La liberté religieuse. C’est un thème qui revient dans de nombreux discours du pontificat et dans la plupart de ses voyages dans des pays où le christianisme est en situation difficile, que ce soit dans des pays à idéologie athée (Cuba) ou des pays où l’islam est la religion majoritaire. Il consacrera l’un de ses messages pour la paix (1er janvier 2011) à ce thème, dans un long texte qui a l’ampleur d’une encyclique. “ Il est douloureux de constater que, dans certaines régions du monde, il n’est pas possible de professer et de manifester librement sa religion, sans mettre en danger sa vie et sa liberté personnelle. En d’autres points du monde, il existe des formes plus silencieuses et plus sophistiquées de préjugés et d’opposition à l’encontre des croyants et des symboles religieux. Les chrétiens sont à l’heure actuelle le groupe religieux en butte au plus grand nombre de persécutions à cause de leur foi. Beaucoup subissent des offenses quotidiennes et vivent souvent dans la peur à cause de leur recherche de la vérité, de leur foi en Jésus Christ et de leur appel sincère afin que soit reconnue la liberté religieuse. Tout cela ne peut être accepté, parce que cela constitue une offense à Dieu et à la dignité humaine ; de plus, c’est une menace à la sécurité et à la paix, et cela empêche la réalisation d’un réel développement humain intégral » (Message pour la journée mondiale de la paix, janvier 2010).

Saint Père, nous vous remercions pour avoir été un sage, un prophète. Votre successeur, assurément, saura donner corps à vos intuitions. Elles préserveront l’Église et toute la société humaine du risque de se désunir.

Père Jacques OLLIER

Le métier de sacristain, au service de l’Église

Le métier de sacristain, emploi d’Église au sein d’une paroisse, constitue un service qui comporte des missions, tant manuelles qu’intellectuelles. Il nécessite une polyvalence et foi dans le Seigneur. Le sacristain se donne dans la prière et collabore avec une équipe de personnes dans la confiance, le respect, la communication et la complémentarité.

I – Les différentes activités

Rangements et ouverture de l’église

De 8 h 15 à 8 h 30, je commence par débarrasser l’église des bougies vides ou des feuilles traînant par terre. Je nettoie et je remets de l’ordre si nécessaire (chaises, bancs, cordes, nappes d’autel). Je repère éventuellement les anomalies comme les infiltrations d’eau ou les ampoules usagées.

Les cérémonies

La préparation des offices nécessite anticipation et organisation : des ornements (chasubles, étoles, voile huméral, chapes) selon la couleur liturgique : vert, blanc, violet, rouge ainsi que les livres liturgiques (missels, lectionnaires, livre des bénédictions, livre de prière universelle). Sans oublier des évènements spécifiques, comme la Neuvaine de Sainte Geneviève.

Je m’occupe des présentoirs (feuilles d’informations paroissiales, feuilles de chants) et veille au bon état des objets liturgiques : vases sacrés (calices, ciboires, coupelles), ostensoir et présentoir pour l’adoration, bénitiers, différents cierges, encensoir, custodes, plateau, récipients et aiguières). Les linges liturgiques (corporaux, purificatoires, manuterges) sont entretenus à l’extérieur.

Les registres doivent être prêts à signer lors des baptêmes et des mariages. Pendant les offices, j’assure le service d’ordre (silence, tenue, respect du déroulement des cérémonies). Je veille au service de la messe et au bon fonctionnement des micros et de la table de mixage.

Surveillance – Fermeture

J’informe Monsieur le Curé de tout évènement anormal. Cet édifice religieux doit conserver son rôle de lieu de culte et de prière. Le sacré, le silence et la bonne tenue vestimentaire doivent donc être respectés.

Après avoir fermé l’édifice, je mets l’alarme en marche.

Entretien – Nettoyage

Les sacristains nettoient régulièrement l’église et les bâtiments annexes (salles paroissiales, cloître, sacristie) ; ils procèdent à certaines réparations.

Ils veillent aussi au bon état et au bon fonctionnement des biens matériels (sonorisation, mobilier liturgique…) ainsi qu’au rangement de l’église.

Gestion des stocks

Elle consiste dans le rangement dans les réserves, mais aussi dans les commandes. Pour la partie liturgique, un inventaire du stock existant est régulièrement effectué : hosties, vin de messe, charbons, encens, cierges, protège-flammes, lucioles, neuvaines de sainte Geneviève, queues de rat, allumettes. Certains achats sont occasionnels : cierge pascal, cierges pour les offices des Ténèbres, buis pour les Rameaux.
Je veille également aux réserves de produits ménagers et au bon état des outils et appareils de ménage, ainsi qu’à l’encre de la photocopieuse.

L’accueil

Le sacristain renseigne les touristes et les fidèles et peut aussi rendre aussi des services tels une intention de messe, un objet perdu, ou encore l’ouverture d’une salle pour un relevé de compteur ou un concert.

II – Organisation, un travail en équipe

La fonction de sacristain constitue un travail en équipe (avec les prêtres, les collègues, les bénévoles), pour des tâches souvent régulières mais susceptibles d’être aménagées selon les circonstances (obsèques, prêtres extérieurs).

III – Compétences

Le métier de sacristain nécessite des compétences d’ordre technique (sens pratique et observation), relationnel (esprit de service, discrétion) et d’organisation (rigueur, régularité, ponctualité).

Je remercie l’équipe des prêtres, mes collègues, l’équipe paroissiale, ainsi que tous les bénévoles pour leur aide précieuse, qu’elle soit spirituelle ou matérielle.

« Toi donc, mon enfant, fortifie-toi dans la grâce du Christ Jésus » (Timothée – 2 Tm 2, 1)

Propositions de carême

Conférences : Présentation des principaux textes de Vatican II

Le jeudi à 20h 30 – 53 rue de la Montagne Sainte Geneviève

  • Jeudi 14 février : P. Jacques OLLIER – Introduction générale
  • Jeudi 21 février : P. Anatole DÉDÉGBÉ – Dei Verbum
  • Jeudi 28 février : P. Stanislas LEMERLE – Dignitatis Humanae
  • Jeudi 7 mars : P. Anatole DÉDÉGBÉ – Nostra Aetate
  • Jeudi 14 mars : P. Jacques OLLIER – Lumen Gentium
  • Jeudi 21 mars : P. Stanislas LEMERLE – Gaudium et Spes

(Plus de détails sur le document « Propositions de carême », ci-contre à droite)

Chemin de Croix

Chaque vendredi à 18 heures – dans l’église

Bol de riz

Le mercredi après la messe de 18 h 45 – salle des Estampes

Cana : l’alliance nouvelle et éternelle

À Cana en Galilée, Jésus « sauve » de justesse des noces qui risquent de tourner à la catastrophe faute de vin. En effet, à la suite de l’intervention de sa mère, il procure en abondance un vin délicieux à partir de l’eau destinée aux purifications juives. Jésus accomplit cette geste un certain troisième jour et en référence à l’avènement de son heure. L’évangéliste présente lui-même cet événement de Cana comme le commencement des signes par lequel Jésus manifesta sa gloire et grâce auquel ses disciples accédèrent à la foi en lui.

Quelle qu’ait pu être la matérialité de l’événement de Cana, on lui reconnaît quasi unanimement une valeur hautement symbolique à travers le récit qu’en donne l’évangéliste. Dans cet épisode, en effet, une série d’images et expressions (troisième jour, vin, noces) ne peut manquer de renvoyer à une longue tradition vétéro-testamentaire où elles sont associées à l’accomplissement des temps messianiques. Dans cette tradition, l’abondance du vin est une caractéristique de la plénitude des derniers temps (Am 9, 13-14 ; Os 14, 8 ; Jl 4, 18 ; Is 62, 8-9, Jr 31, 12), la symbolique nuptiale exprime la réalisation eschatologique de l’alliance entre Dieu et son peuple, tandis que la mention temporelle du « troisième jour » sert à évoquer un tournant décisif dans l’histoire sainte, comme le retour de Dieu à la fin des temps (Os 6, 2) ou plus simplement sa manifestation au Sinaï (Ex19, 11. 15. 16).

Dans cette perspective, ce qui arrive à Cana, « au troisième jour », doit être compris comme une manifestation spéciale de la fête des noces de Dieu avec l’humanité. Elles commencent avec la venue de Jésus, avec le don à profusion de la joie dont le vin délicieux de Cana est le signe. Provenant de l’eau des purifications de l’ancienne alliance, le vin de Cana exprime le passage de la Loi rituelle et extérieure au don de la grâce qui touche l’homme de l’intérieur, à la manière dont le vin « bu » saisit l’homme. Mais en même temps, l’évangile évoque ce que le vin de Cana est destiné à devenir définitivement, à savoir le sang même du Christ, quand viendra l’heure décisive où le Père doit glorifier son Fils par sa passion-mort-résurrection en guise de l’achèvement de l’alliance nouvelle et éternelle.

Le Pape Benoît XVI nous invite à ne pas oublier que le mystère émouvant de l’heure de Jésus anticipée à Cana « existe encore et toujours. À la demande de sa mère, Jésus anticipe symboliquement son heure tout en renvoyant à celle-ci. La même chose se produit toujours à nouveau dans l’Eucharistie. Exauçant la prière de l’Église, le Seigneur anticipe en elle son retour ; il vient déjà maintenant ; il fête ses noces avec nous en nous tirant en quelque sorte hors de notre temps, en avant, vers cette ‘heure’ »

Père Justin ZITISA

Le Mystère du Baptême du Seigneur

« Quels événements incroyables : le fleuve sans limite qui réjouit la cité de Dieu, comment est-il lavé dans un peu d’eau ? » La tradition chrétienne ne cesse de s’étonner, de s’émerveiller du mystère célébré aujourd’hui : le baptême du Christ. « La source incompréhensible qui fait jaillir la vie pour tous les hommes a été recouverte par les eaux misérables et passagères. »

Naturellement, nous désirons saisir la signification de cet acte surprenant. Avant tout, et cela est bien souligné par saint Luc, le Christ s’immerge dans un peuple (« Alors que le peuple était en attente », … « Comme tout le peuple se faisait baptiser »).

Un peuple de pécheurs qui accepte de faire pénitence et de recevoir la grâce de Dieu. Le Christ ne nie pas l’existence du mal, ne le minimise en rien, mais l’assume, s’y plonge. Et cela sans aucune contamination «Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a fait pour nous péché afin qu’en lui nous devenions justice en Dieu ». Péché, pas pécheur : le Christ s’identifie à un peuple de pécheurs, pour en faire un peuple de saints, c’est-à-dire d’hommes et de femmes qui reçoivent en lui la justification.

Admirable retournement : l’antique malédiction se mue en pluie de grâce. Quoi de meilleur pour l’exprimer que le signe de l’eau ? Capable de donner la mort (inondations, déluge, noyades), elle est aussi indispensable à la vie. Noyant son vieil être avec le Christ, le baptisé boit aux sources de la vraie vie.

Telle est l’oeuvre pour laquelle le Fils a été envoyé. Telle est la diffusion de l’amour du Père au milieu des ténèbres de ce monde. Régénéré à la fontaine baptismale, chacun peut entendre les mots de l’adoption : « Tu es mon Fils bien-aimé. Tu as tout mon amour. »

Les controverses actuelles, pour pénibles qu’elles soient souvent, ont au moins cet avantage : inviter les chrétiens à réfléchir sur la grandeur de l’idée de Paternité. Et ainsi à élever nos esprits. Paulo maiora canamus.

Saint Paul nous dit que toute paternité vient de Dieu. Cela n’est pas à entendre d’une façon métaphorique, comme si Dieu était un artiste père de son oeuvre. Pour chacun des hommes, Dieu est infiniment plus Père que leur père humain. Il est à l’origine et à la fin. Tout vient de Lui et va à Lui ; les autres pères ne sont pas dévalorisés mais ne doivent pas oublier qu’ils transmettent la vie (ce qui est déjà admirable), ils ne la créent pas.
On a dit, justement, que l’enfant était le grand oublié des discussions. On aurait envie d’ajouter, selon l’expression familière : « Et Dieu dans tout ça ? »

Père Emmanuel DUFRESNE