Ouvriers de la première ou de la dernière heure ?

L’évangile de ce dimanche peut nous surprendre ou nous choquer par ce qui peut paraître une injustice dans cette relation individuelle de travail entre le maître et ses ouvriers ; ceux qui sont arrivés à la dernière minute, ceux qui n’ont travaillé qu’une seule heure, touchent autant que ceux qui ont « enduré le poids du jour et de la chaleur »

Nous sommes surpris et choqués parce que nous n’avons pas compris l’objectif de Jésus. Le Seigneur ne veut pas ici, nous donner une leçon d’économie ou de justice sociale. Quand il nous décrit cette journée de travail dans la vigne, il nous parle en réalité du Royaume et de la surabondante bonté de Dieu.

Dieu se donne à tous et de la même manière au premier comme au dernier arrivé. Si l’on considère le point de vue du Dieu d’amour, la pièce de monnaie, le denier reçu n’est pas une pièce d’argent, mais le Christ lui-même. Et chacun reçoit la plénitude de ce qu’il peut recevoir. Ce qu’il peut recevoir c’est à la mesure de son attachement au Christ.

Une autre image pour nous faire comprendre ce que signifie cette mesure ; elle est de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus : que votre verre (à boire) soit petit ou grand, le Christ va le remplir, il n’y a donc plus de comparaison possible ; le petit verre est aussi plein que le grand verre ; c’est le Christ tout entier qui se donne à chacun, ouvrier de la première ou de la dernière heure.

P. Anatole Dédegbé

Rentrée 2017

C’est la rentrée paroissiale ce dimanche. Une rentrée marquée par le souhait de nombreux paroissiens de voir se tisser entre eux des liens de fraternité comme nous y appelle Jésus : « À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres » (Évangile selon saint Jean 13, 34-35). »

Nous croyons à l’amour universel. La fraternité universelle. Celle-ci n’est rendue possible que par une grâce extraordinaire.

Elle se donne déjà dans des relations de proximité, familiales, amicales. Car il est bien difficile d’aimer ce qui est loin, étranger à notre culture, notre langue.

Il nous faut nous habituer à aimer. Jésus commence par nous commander : l’amour du prochain, de notre voisin. Et cela tombe bien puisque voisinage, proximité est le terme grec qui a donné le mot : paroisse.

L’année passée, la paroisse a organisé un dîner de fraternité qui a été un beau succès. Tous ceux et celles qui y ont participé (ils étaient 80) ont souhaité rééditer. Des liens se sont formés. Des contacts pris. On se revoit. Et pas seulement à la messe.

« Voyez comme ils s’aiment… ». C’était là le constat des premiers observateurs de ceux qui se faisaient appeler chrétiens, au Ier siècle de notre ère : « La multitude de ceux qui étaient devenus croyants avait un seul cœur et une seule âme » (Actes des Apôtres, 4, 32)

Les témoignages des temps apostoliques sont unanimes à ce sujet : « Vous voyez, bien-aimés, combien la charité est chose grande et admirable, et il n’est pas possible d’en expliquer la perfection. Qui peut être trouvé capable d’y atteindre, sinon celui à qui Dieu en a fait la grâce ? Prions-le donc, et demandons à sa miséricorde d’être trouvés dans la charité, loin de toute acception de personne, exempts de reproches.  Toutes les générations, depuis Adam jusqu’à ce jour, ont passé, mais ceux qui ont été trouvés dans la charité par la grâce de Dieu demeurent dans le séjour des saints, qui se manifesteront lorsque apparaîtra le royaume du Christ. » (Épître de Clément aux Corinthiens 50, 1).

Cette année encore la paroisse propose plusieurs moments de fraternité. Bien sûr, la première et la plus essentielle est l’eucharistie dominicale où nous célébrons dans un même élan de générosité la Pâque du Seigneur, où nous levons les yeux aux cieux en priant d’un même cœur : « notre Père » qui fait de nous ses enfants et donc des frères.

Il y aura cette année 5 rendez-vous exceptionnels de fraternité

  1. Le déjeuner des Journées d’Amitié. Cette année, c’est un chef renommé qui nous régalera (26 novembre).
  2. Dîner fraternel : vendredi 26 janvier 2018, 20h – 22 h 30
  3. Pèlerinage sur les terres de Sainte Geneviève et la tombe de Charles Péguy, à Villeroy-Chauconnais (77) : dimanche 18 mars 2018, de 10h à 17h.
  4. Pique-nique tiré du sac : dimanche 8 avril 2018.
  5. Dîner fraternel : 1er juin 2018 ; 20h –22h30

Le dîner est simple et paisible. Il se passe dans des foyers de la paroisse. 7 ou 8 personnes s’y rejoignent. Dans chaque foyer le menu est le même. À 22h on se retrouve à l’église pour le dessert et pour chanter complies.

Que ce moment de grâce que nous avons vécu en fin d’année académique puisse se rééditer, pour le bien de tous et de chacun pour répondre à l’amour du Christ qui nous pousse et nous  presse

Bonne rentrée à toutes et à tous.

P. Ollier

 

Un temps pour se souvenir

Le temps des vacances est un temps pour se souvenir. Du moins pour ceux et celles qui bénéficient de congés. Le temps du souvenir. Nous sommes en effet presque contraints aujourd’hui de nous retourner sur nous-mêmes pour envisager l’avenir. Car nous sentons bien que nous sommes à la croisée des chemins. Notre civilisation, en tant que permanence vitale et principale, ce que nous sommes sans avoir à nous le dire, c’est-à-dire une culture, une langue, une histoire, une terre, une identité personnelle et corporelle- notre civilisation issue d’un amalgame très riche et presque impondérable, tend à disparaître. L’image a pris le pas sur la parole. Elle l’emporte sur toute raison. La technique, aujourd’hui, subjugue les consciences les plus affinées. L’information est aujourd’hui le vecteur le plus naturel de la communication (il n’est que d’écouter les conversations de table ; elles s’alimentent et se réduisent parfois à l’information basique et partielle, partiale disons-le, qui nous est assénée).

Devant ce constat qui pourrait paraître sombre, pessimiste, malsain pour certains, que dire, que faire ? Il est peu probable que nous arrêtions le monstre qui, de toute façon, n’est pas derrière nous, mais qui, déjà, est passé devant nous. C’est un empire. Chaque civilisation a le sien, tandis qu’une culture n’en a pas. Que faire ? Sommes-nous condamnés à une résistance spirituelle, chrétienne, devant ce qui nous est proposé comme un modèle économico-politique : l’homme augmenté que les neurosciences et la génétique rendent possible aujourd’hui, est le fantasme de quelques chercheurs pour abolir la mort d’un petit nombre de ressortissants,bien sûr, privilégiés. On prépare la GPA[1], la gestation pour autrui. On prépare des ventres de femmes esclaves qui serviront de matrices aux espoirs perdus et aux désirs inassouvis de quelques privilégiés, là encore. Que nous diront ces enfants dans vingt ans ? Il n’est déjà pas simple de se recevoir comme fils ou filles dans la filiation naturelle de la chair. Alors être sans père, sans mère, un enfant sans origine, que cela représentera-t-il pour eux ? Bientôt les enfants entièrement conçus en laboratoire, selon des critères biologiques choisis, des enfants sur catalogue ? Si nous devons accueillir cette nouvelle civilisation qui nous vient de l’ouest[2], si nous l’avons déjà faite nôtre, du moins pouvons-nous ne pas accepter « l’abomination de la désolation[3] » ? Que la technique nous désolidarise de nous-mêmes, de notre chair, de ce que nous avons en nous de fragile, d’humain. Ce que le Christ a choisi pour le faire sien jusqu’au bout de la route humaine. Jusqu’au don de soi où l’homme se trouve plus qu’en aucune de ses possessions. C’est là l’exigence que nous devons pouvoir poser. Ne pas être obligé par la technique et son progrès. Mais exercer un droit de conscience et de responsabilité devant nous-mêmes, notre avenir, nos enfants. Nous souvenir de qui nous sommes.

De notre humaine fragilité et de ce qu’elle représente pour celui, celle qui la portera, demain, avec nous. Car nous ne sommes pas seuls. Peut-être au fond, la technique ne cherche t’elle qu’à parer au défaut de communion et de paroles qui nous laisse trop seul devant des écrans. Acceptons de porter notre humanité avec autrui. Avec notre frère, notre soeur, notre époux, notre épouse, notre père, notre mère, nos enfants.

Avec le Christ qui a couru la course de notre humanité jusqu’à la fin, pour nous.

Père Jacques Ollier

[1] Une GPA réalisée à l’étranger ne fait pas obstacle, à elle seule, à l’adoption de l’enfant par l’époux de son père (Cours de Cassation, 5 juillet 2017)
[2] C’est un trope commun de la théologie américaine calviniste. La prédestination des élus étant acquise, ils n’ont pas à s’assurer de leur salut par leurs actes. Ils n’ont plus qu’à s’assurer de leur bonheur ici-bas.
[3] Expression utilisée lors de la profanation du temple de Jérusalem par Antiochus Épiphane en -167

Plus que moi ?

En cette fin d’année, nous faisons des bilans. La paroisse ne déroge pas à la règle. Comme à la fin de chaque année les prêtres de la paroisse se sont retrouvés pour une journée d’échanges et de dialogues sur les mois écoulés, sur nos vies sacerdotales, nos ministères. Chacun s’exprime librement selon son génie et le temps qu’il lui faut pour ce faire. Je n’entre pas, bien sûr, dans le détail. L’un de nous reconnaissait qu’en avançant, il se rendait bien compte de l’essentiel et de ce qui n’est qu’écume de la vie évangélique. De ce que Dieu nous demande vraiment, et de ce qui n’est qu’occasionnel.

L’évangile du jour nous dit cela avec une telle force qu’il en est presque inaudible : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi, n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi. Qui a trouvé sa vie la perdra ; qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera » (Évangile selon saint Matthieu 10,37)

Lorsque j’étais séminariste nous échangions sur les réactions de nos parents à l’annonce de notre entrée au séminaire. L’un de nous racontait que son père lui avait reproché de ne pas aller au-delà des classes prépa qu’il avait réussies. Il lui répondit : vous m’avez enseigné depuis ma plus tendre enfance : « Dieu premier ». Aujourd’hui, je le mets en application.

À une jeune femme se préparant au mariage qui m’interrogeait sur la forme d’intimité du foyer qu’elle allait composer avec son époux je disais la Parole de Dieu : « l’homme quittera son père et sa mère pour s’attacher à son épouse et ils ne formeront plus qu’un ».

Parole reprise par Jésus à propos du mariage. Il y a une liberté à quitter une terre, une patrie, des attaches, des traditions désuètes, des parents, pour tenir ce qui a de l’avenir.

S’attacher à Dieu c’est être libre. Plus que tous. Saint François d’Assise nous l’a montré avec tant de grâces. Dieu tient ses promesses.

C’est pourquoi on peut s’attacher à lui et devenir libre. Des contraintes, de l’esprit du jour, du respect humain, de la mode, du péché aussi. Qu’il nous rende libre en le choisissant : Dieu premier, et tous nos biens seront à leurs places.

P. Ollier

Départ du P. Sebastiano Serafini

Le curé de la paroisse m’a invité à donner cette homélie, ou, plutôt, à vous parler brièvement de mon expérience parmi vous durant les 10 mois passés.

Je le remercie de me donner l’occasion de présenter les éléments qui, à mon avis, caractérisent l’expérience ecclésiale italienne et française. De toute évidence, ma perception est limitée. Cependant, je pense que je suis en mesure de signaler certains aspects qui peuvent nous aider à comprendre la richesse de l’Église catholique et la pluralité des expériences de foi.

Mettre l’accent sur les caractéristiques qui distinguent les différentes réalités ecclésiales ne signifie pas opposer mais chercher les conditions d’enrichissement mutuel, de perfectionnement de soi-même et parvenir à une meilleure compréhension de la réalité ecclésiale vécue.

Unis dans la communion de l’Église catholique, unis par la même foi dans le Dieu trinitaire, soutenue par l’Esprit Saint, liés par la participation au corps et au sang du Christ, nous vivons cependant dans différents milieux culturels et sociaux. Et c’est au fond la richesse de l’Église : vivre l’unité dans la diversité ; trouver l’unité dans la célébration du mystère pascal et l’invocation de Dieu comme Père ; vivre la propre diversité culturelle et sociale dans la profession de la même foi dans le Christ notre Sauveur.

Durant ces 10 mois, j’ai eu l’occasion de vivre dans un milieu social, politique et religieux différent de l’Italie. En particulier, l’Église française, pour ce que j’en ai compris, vit dans une conjoncture marquée par la présence multiculturelle et multireligieuse, et une distinction claire entre l’autorité de l’Église et les pouvoirs de l’État. En outre, la présence catholique est devenue numériquement minoritaire, ce qui rend difficile l’incidence de la foi dans les tissus sociaux. Cependant, ces éléments offrent une occasion d’évangélisation. Ils purifient également la foi des influences culturelles et politiques qui peuvent parfois affecter son authenticité. En ce sens, dans cette paroisse, j’ai constaté l’accent mis sur la qualité de l’initiation chrétienne, sur les célébrations liturgiques, sur le caractère spirituel de l’existence chrétienne, sur la construction des liens de fraternité et sur l’importance de l’alliance entre les prêtres. Dans ce contexte, la foi est accueillie, choisie, vécue comme une expérience fondamentale et distincte de l’identité personnelle.

Ces derniers mois également m’ont permis d’appréhender une culture unique au monde. En particulier, l’Église française se retrouve dans un « courant de pensée chrétienne » marquée par l’expérience spirituelle des personnalités comme François de Sales, Charles de Foucault, Jean Marie Vianney, Saint-Vincent-de-Paul ; par des théologiens comme Teilhard de Chardin, Chenu, Daniélou, de Lubac, Congar, Theobald ; par des philosophes comme Levinas, Ricœur, Marion. Une convergence de l’expérience spirituelle, l’enracinement théologique, la réflexion philosophique qui se présente comme unique dans le monde.

La conjoncture dans laquelle vit et travaille l’Église en Italie est différente. Je souligne deux aspects, un social et l’autre pastoral.

En général, un premier aspect, immédiatement apparent, est que l’Église en Italie vit dans une ambiance de majorité numérique des catholiques. La présence de l’État du Vatican et la présence d’une majorité permet à l’Église italienne d’être « reconnue » juridiquement et socialement, tant de l’État que de la société. En ce sens, la paroisse est considérée comme un point de référence essentiel pour l’agrégation sociale, dans le débat politique, pour l’activation des projets d’éducation pour les jeunes générations. Pour cette raison, presque tous les prêtres sont engagés dans le dialogue avec les administrations de la ville, avec les services sociaux, avec les organismes d’enseignement, avec les diverses associations culturelles et éducatives. La paroisse et les prêtres sont donc une partie importante du paysage culturel, psychologique, social du peuple italien. Même si cela peut être un avantage, cela peut créer aussi une incompréhension au point que de nombreux italiens peuvent « s’appeler catholiques » sans être en contact direct avec la paroisse et la foi catholique !

En plus de cette dimension juridique et sociale, l’Église italienne, surtout après le Concile Vatican II, a condensé sa présence sur trois activités pastorales. La première est l’expérience des associations et mouvements catholiques. Dans une paroisse, en plus du catéchisme traditionnel, peuvent exister et vivre ensemble beaucoup de groupes paroissiaux et associations comme l’Action catholique, le Mouvement de Focolari, Communion et Libération, les Scouts, le Mouvement franciscain, le Mouvement des salésiens de Don Bosco, le Mouvement néocatéchuménal, le Renouveau charismatique, groupes pour les familles catholiques, centres pour personnes âgées. Cela permet à la paroisse une vivacité, et la présence de forts liens de fraternité. Souvent, tous ces groupes sont suivis par le curé, qui devient une sorte de « chef d’orchestre », engagé à « tenir ensemble les différentes diversité et sensibilité ». En ce sens, la paroisse semble comme un « espace de coordination et de fraternité » entre les différentes expériences de la foi et la vie, et non pas comme un « centre d’identité personnelle ».

Un autre domaine de l’activité pastorale typique de la paroisse italienne est la présence de l’oratoire[1], entendu, cependant, comme espace éducatif et social destiné exclusivement aux jeunes. En particulier, grâce au travail et le témoignage de saint Jean Bosco, de nombreuses paroisses ont construit une environnement, composé d’espaces utilisés quotidiennement par les jeunes, où ils peuvent se rencontrer et faire les activités propres à leur âge : sports, activité éducative, culturelle, théâtrale, musicale. En ce sens, la paroisse essaie de « parler la langue de la jeunesse » et, ainsi, de créer des liens avec leur monde, pour être une présence significative dans leur croissance humaine et spirituelle.

Enfin, un troisième domaine de la pastorale typique de la paroisse italienne est la présence active dans le témoignage de la charité. Cela se déroule de façon concrète, par l’existence, dans presque toutes les paroisses, d’un « centre d’écoute », souvent composé de volontaires qui sont disponibles pour écouter, observer, identifier les différents problèmes sociaux dans la ville, et permettre d’activer des chemins de solidarité. Les pauvres, les immigrés, les marginalisés, les malades trouvent, de cette façon, un centre d’écoute, de fraternité, d’accompagnent, où commencer un chemin de libération de la solitude et de la pauvreté.

Pour ce que j’ai expérimenté, l’expérience de la différence et de l’identité culturelle et chrétienne présente dans l’Église française, et l’expérience pastorale et sociale de l’Église italienne, ne sont pas exclusives, ni exportables. Chaque expérience a sa raison d’être dans la conjoncture sociale et culturelle dans laquelle on vit. Mais ces singularités peuvent s’intégrer et s’éclairer les unes les autres. La foi accueillie, choisie, vécue comme une expérience fondamentale et distincte de l’identité personnelle, typique du milieu ecclésial français, peut être intégrée avec la vision sociale et pastorale proposée par la pratique italienne. En même temps, la dimension sociale et l’expérience pastorale, typique du milieu ecclésial italien, ne doit pas faire oublier le caractère culturel, spirituel, liturgique de l’existence chrétienne, proposée par la pratique française. Les deux, dans leur diversité, exprimant l’unique foi en Christ le Sauveur, notre maître et pasteur.

Enfin, je voudrais remercier le curé, le Père Ollier qui m’a accueilli avec confiance et fraternité, et tous les prêtres de la paroisse, les collaborateurs, les chœurs merveilleux, et tous les fidèles qui m’ont accompagné et soutenu  malgré l’ « accent italien» et les erreurs, que j’ai faites dans votre belle langue française !

Je vous attends en Italie. Grazie di tutto.

Don Sebastiano Serafini

 

[1] En France, nos « Patronages » (nde)

« Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l’amour de Dieu et la communion de l’Esprit Saint soient avec vous »

« Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l’amour de Dieu et la communion de l’Esprit Saint soient avec vous »
« Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit »
« Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit »

Vous aurez reconnu dans la première formule qui conclut la deuxième lecture de ce dimanche, la salutation que le prêtre adresse à l’assemblée au début de la messe. Vraisemblablement empruntée à une hymne très ancienne, cette prière illustre la manière dont, très tôt, les premiers chrétiens ont saisi l’importance du mystère de la Sainte Trinité, comme le cœur du message Chrétien.

Les deux formules suivantes que nous utilisons aussi souvent sont comme les portes de notre prière : la première ouvre notre prière, la seconde la ferme, parce que toute notre relation à Dieu est signifiée dans cette prière aux trois qui sont Dieu, le Père, le Fils et le Saint Esprit.

Ainsi, en faisant le signe de croix nous nous mettons en présence du mystère que nous célébrons ce jour, la Sainte Trinité.

On cherchera pourtant en vain le mot Trinité dans les Écritures. Pourtant c’est à la Sainte Trinité que les chrétiens se réfèrent à tous les moments de leur vie.

Oui, reconnaissons-le : il s’agit d’un mystère tellement immense que l’on ne peut y accéder que de l’intérieur. Vouloir le démontrer, comme on démontrerait un théorème de mathématiques est peine perdue.

La Sainte Trinité est le mystère de Dieu, et c’est en ce mystère que nous croyons, non pas parce que nous le comprenons pleinement, mais parce que nous l’avons reçu du Christ lui-même et des apôtres. Ce sont ces derniers, en effet qui, d’abord, par leur proximité historique avec Jésus, ensuite, par leur proximité spirituelle avec le Ressuscité, ont perçu la réalité de Dieu Père, Fils et Esprit.

Tout le Nouveau Testament est traversé par cette vérité :

« Mon Père et moi sommes Un. »
« Qui me voit, voit le Père. »
« Je m’en vais vers le Père. »
«Je ne vous laisserai pas orphelins, l’Esprit que je vous enverrai vous expliquera tout. »
«Sans l’Esprit-Saint, personne ne peut dire « Abba, Père. »

C’est ensemble que ces trois agissent pour nous maintenir dans leur relation d’amour. On peut dire que ce mystère de l’unité de Dieu un et trine est d’une telle beauté qu’il nous entraîne nous aussi à construire et à vivre une communion d’amour fraternel.

Puissions-nous entrer dans leur intimité et leur confier aujourd’hui notre désir de communion.

Père Anatole DÉDÉGBÉ

« D’ici peu de temps, le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez vivant, et vous vivrez aussi ! »

« Le jour qu’on appelle jour du soleil, a lieu le rassemblement en un même endroit de tous ceux qui habitent la ville ou la campagne.

On lit les mémoires des Apôtres et les écrits des Prophètes, autant que le temps le permet.

Quand le lecteur a fini, celui qui préside prend la parole pour inciter et exhorter à l’imitation de ces belles choses.

Ensuite, nous nous levons tous ensemble et nous faisons des prières pour nous-mêmes … et pour tous les autres, où qu’ils soient, afin que nous soyons trouvés justes par notre vie et nos actions et fidèles aux commandements, pour obtenir ainsi le salut éternel.

Quand les prières sont terminées, nous nous donnons un baiser les uns aux autres.

Ensuite, on apporte à celui qui préside les frères du pain et une coupe d’eau et de vin mélangés.

Il les prend et fait monter louange et gloire vers le Père de l’univers, par le nom du Fils et du Saint-Esprit et il rend grâce (en grec : eucharistie) longuement de ce que nous avons été jugés dignes de ces dons.

Quand il a terminé les prières et les actions de grâce, tout le peuple présent pousse une acclamation en disant : Amen.

Lorsque celui qui préside a fait l’action de grâce et que le peuple a répondu, ceux que chez nous on appelle diacres distribuent à tous ceux qui sont présents du pain, du vin et de l’eau « eucharistiés » et ils en apportent aux absents »

(saint Justin, Apologie, 1, 65)

Comme il est émouvant de constater que ce texte, rédigé un siècle seulement après l’Ascension du Seigneur, nous semble contemporain. Ce qu’on y lit, la pratique de la primitive Église ressemble, à s’y méprendre, à ce que des centaines de millions de chrétiens célèbrent chaque dimanche : se rassembler, écouter les Ecritures Saintes, se donner la paix, louer Dieu, lui offrir l’offrande de sa Vie résumée dans le pain et la vin, se tourner vers les malades et les pauvres…

Telle est notre pratique, hier et aujourd’hui. Telle est notre foi.

Hier comme aujourd’hui, elle rend présent le Dieu Vivant qui offre, à ses enfants, sa Vie en abondance.

P. Ollier

Il y a des rois qui sont des bergers

« Il y a des rois qui sont plus que des rois : ils sont les pasteurs de leur peuple. Il y a des rois qui connaissent leurs devoirs et accomplissent leur devoir admirablement. Ils respectent le droit et prêtent serment de fidélité à leur pays et à ses lois.

Mais les pasteurs sont plus encore. Ils aiment leur peuple. Les bergers ne sont pas que des hommes de devoir. Ils aiment chacune de leurs brebis. Les rois-bergers règnent aussi avec leur cœur. Tel devrait être le roi : un roi-berger.

Bien sûr Jésus seul est le véritable Bon Pasteur. Il l’ a dit : « Je suis le Bon Pasteur ». Mais il y a des hommes, qui par un don d’en haut partagent cette charge.

Le Bon Pasteur fait deux choses. Et il les fait simultanément. Il précède le troupeau et en même temps il le suit. Il est en avant de son peuple et derrière lui.

Le Bon Pasteur, en effet, doit aller devant son troupeau pour montrer le chemin. Il écarte les obstacles et les dangers, mais il montre aussi le chemin vers les meilleurs pâturages. C’est cela, la vie du roi : montrer le chemin et faire avancer le troupeau sur le chemin de la véritable humanité et du vrai bonheur. Il doit être soucieux des valeurs et des normes pour rendre plus heureux son peuple. Et les pratiquer lui-même.

Mais le Bon Pasteur ne fait pas qu’aller devant le troupeau, il doit aussi le suivre. Car il y a toujours ce petit agneau blessé, qu’il doit prendre sur les épaules. Il doit le consoler, l‘encourager et panser ses plaies. Le roi devrait être le Bon Samaritain qui a voulu se pencher vers l’homme blessé sur le chemin de Jéricho. Le roi porterait les hommes et femmes blessés et souffrants sur son cœur.

Et il y a toujours des agneaux qui vont trop vite, d’autres qui ne peuvent pas suivre. Le roi chercherait le bon rythme pour la marche du troupeau.

Dieu aime les rois de compassion, remplis de sagesse et d’amour, de compétences et de dévouement, plein de tendresse et prompts à faire don de soi »

Ce texte est librement inspiré d’une homélie du cardinal Danneels archevêque émérite de Malines- Bruxelles.

Deuxième dimanche de Pâques

Nous célébrons ce dimanche un triple événement.

C’est d’abord le dimanche « in albis deponendis », c’est-à-dire le dimanche où les néophytes, baptisés dans la nuit de Pâques, « déposent » le vêtement blanc qu’ils ont revêtu après leur baptême, lorsqu’il leur fut dit : « vous êtes une création nouvelle dans le Christ : vous avez revêtu le Christ. Recevez ce vêtement blanc, puissiez-vous garder intacte votre dignité de fils de Dieu jusqu’au jour où vous paraîtrez devant Jésus, Christ et Seigneur, afin d’avoir la vie éternelle. Amen. » Ainsi l’église antique chantait-elle la vertu retrouvée des nouveaux baptisés en ces termes :

« Qu’ils sont blancs les Nazaréens de mon Christ ! Alléluia ;
leur éclat rend gloire à Dieu ; alléluia ;
Leur blancheur est celle du lait le plus pur.
Alléluia, alléluia.
Plus blancs que la neige, plus purs que le lait, plus vermeils que l’ivoire
antique,
plus beaux que le saphir ;
Leur blancheur est celle du lait le plus pur. Alléluia, alléluia. »

Aujourd’hui, les néophytes quittent leur vêtement blanc. Mais ils conservent la blancheur immaculée de leur nouvel être. Car ils ont été configurés au Christ ressuscité.

Aujourd’hui, nous célébrons la confirmation des enfants, jeunes et adultes de notre paroisse. Par le don du Saint-Esprit ils sont attachés plus étroitement au Christ. Car c’est l’Esprit Saint qui nous maintient dans l’unité avec notre Rédempteur malgré tout ce qui peut nous entraîner loin de lui. Il fait l’unité par la paix. Aussi chantons-nous : Viens Esprit Saint et remplis l’âme de tes fidèles, dans le chant du Veni Creator. Ce chant se termine par ces mots : « par toi nous connaissons le Père des cieux et le Fils ». Qu’Il donne à chacun des confirmands en ce jour la connaissance intérieure du Christ, pour imiter sa bonté, sa tendresse, son pardon, les dons que Jésus fait à ceux
qu’Il aime.

Aujourd’hui, nous prions pour que ceux et celles qui votent au premier tour de l’élection présidentielle le fassent dans un certain état d’esprit. Non partisan, mais attentif au bien-commun, à l’intérêt général et non à l’intérêt particulier.

Père Jacques Ollier