Été 2016

Chers paroissiens et amis de Saint-Étienne-du-Mont,

Voici les mois d’été qui se présentent. Chacun les appréhende selon son état de vie, sa santé, sa psychologie. Je voudrais vous encourager à leur donner un sens spirituel. Temps de vacances pour certains, ils sont aussi vécus comme un temps d’absence et de dépouillement par d’autres. Pour les uns joie, pour les autres manque. Qu’ils soient pour tous un temps de ressourcement spirituel, un temps de grâce.  Voici quelques conseils pour que vous puissiez y parvenir.

Le temps des vacances  permet de se reposer après une année souvent chargée. Il permet de faire une halte, de changer d’air, de régions, de visages. De retrouver ceux qui vivent loin. De découvrir de nouveaux lieux, des langues et des traditions inouïes.

Il peut être également le temps de l’attente. De l’attente de l’inespéré. De l’attente de Dieu. Tous vous êtes invités à accueillir Dieu. Car le ciel n’est pas clos, Dieu n’est pas muet ou absent. Il se manifeste à vous dans la grandeur et la délicatesse de son dessein bienveillant. Il s’est approché de vous. Il nous veut du bien. Il veut votre bien. Mais parfois vous êtes trop occupés pour l’entendre vous le dire. Ou trop affairés à vous rendre heureux pour vous en laissez persuader.

Que ce temps de vacances soit un temps de grâce pour tous. Qu’il vous permette en vous retirant ailleurs, en vous reposant, d’accueillir Dieu en ses visites. Car, au vrai, il vous visite. Vos vies, vos familles, vos maisons. C’est là le sens évangélique de la pérégrination de Jésus. Il rencontre des personnes, leur parle, les enseigne, les soigne ; il passe de village en village, de famille en famille. Il prend ses repas avec eux. Dieu, au cœur de vos vies, dans vos maisons, vos foyers, vos cœurs… Prenez le temps de vous pénétrer de ce grand mystère de la proximité de Dieu.

Mais quel sera le signe de cette proximité ? Nul autre que vous-même.

Quelle que soit la réalité de ce temps de vacances pour vous, prenez le temps de cesser certaines activités. Prenez le temps de vous mettre en retrait.

Il vous faut vous reposer, laisser reposer votre terre pour pouvoir la reconnaître. Car elle produit du fruit sans qu’on la sollicite. Miracle de la nature. A vous d’y ajouter la grâce de la laisser vous étonner par sa prodigalité. Dans son encyclique sur la sauvegarde de la Maison commune, le pape François recommande qu’on laisse à la terre, un peu du repos qui lui est nécessaire pour qu’on la reconnaisse. Il en va de même pour vous. “Dieu a donné à l’humanité la possibilité d’un nouveau commencement. Il suffit d’un être humain bon pour qu’il y ait de l’espérance ! La tradition biblique établit clairement que cette réhabilitation implique la redécouverte et le respect des rythmes inscrits dans la nature par la main du Créateur. Cela se voit, par exemple, dans la loi sur le Sabbat.

Le septième jour, Dieu se reposa de toutes ses œuvres. Il ordonna à Israël que chaque septième jour soit un jour de repos, un Sabbat (cf. Gn 2, 2-3 ; Ex 16, 23 ; 20, 10). Par ailleurs, une année sabbatique fut également instituée pour Israël et sa terre, tous les sept ans (cf. Lv 25, 1-4), pendant laquelle un repos complet était accordé à la terre ; on ne semait pas, on moissonnait seulement ce qui était indispensable pour subsister et offrir l’hospitalité (cf. Lv 25, 4-6).” Laudato si, n° 71.

Que Dieu vous donne la grâce de laisser reposer votre terre. Qu’elle produise, selon sa grâce, des fruits de justice, d’amour et de paix.

Bon été

Père Jacques Ollier