Memorial, Blaise Pascal

« Feu

Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob,
non des philosophes et des savants.
Certitude, certitude, sentiment, joie, paix.

Dieu de Jésus-Christ.
Deum meum et Deum vestrum.

Ton Dieu sera mon Dieu.

Oubli du monde et de tout hormis Dieu.
Il ne se trouve que par les voies enseignées dans l’Évangile.

Grandeur de l’âme humaine.

Père juste, le monde ne t’a point connu, mais je t’ai connu.

Joie, joie, joie, pleurs de joie.

Je m’en suis séparé. ——————————————————
Dereliquerunt me fontem aquae vivae
Mon Dieu, me quitterez vous ——————————————-
que je n’en sois pas séparé éternellement.
———————————————————————————-
Cette est la vie éternelle, qu’ils te connaissent seul vrai Dieu et celui
que tu as envoyé J.-C.
Jésus-Christ. ——————————————————–
Jésus-Christ. —————————————————-
je l’ai fui, renoncé, crucifié
Je m’en suis séparé, —————————————————-
Que je n’en sois jamais séparé ! ————————————-
Il ne se conserve que par les voies enseignées dans l’Évangile.
Renonciation totale et douce.
Soumission totale à Jésus-Christ et à mon directeur.
Éternellement en joie pour un jour d’exercice sur la terre.
Non obliviscar sermones tuos. Amen. »

Memorial, Blaise Pascal

Mémorial de Blaise Pascal

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L’an de grâce 1654,

FEU.

« DIEU d’Abraham, DIEU d’Isaac, DIEU de Jacob »
non des philosophes et des savants.
Certitude. Certitude. Sentiment. Joie. Paix.
DIEU de Jésus-Christ.
Deum meum et Deum vestrum. ((« Mon Dieu et votre Dieu »Ev. selon saint Jean 20, 17))
« Ton DIEU sera mon Dieu. »
Oubli du monde et de tout, hormis DIEU.
Il ne se trouve que par les voies enseignées dans l’Évangile.
Grandeur de l’âme humaine.
« Père juste, le monde ne t’a point connu, mais je t’ai connu. »
Joie, joie, joie, pleurs de joie.
Je m’en suis séparé :
Dereliquerunt me fontem aquae vivae. ((« Ils m’ont délaissé, moi, la source d’eau vive » Jérémie 2, 13))
« Mon Dieu, me quitterez-vous ? »
Que je n’en sois pas séparé éternellement.
« Cette est la vie éternelle, qu’ils te connaissent seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. »
Jésus-Christ.
Jésus-Christ.
Je m’en suis séparé ; je l’ai fui, renoncé, crucifié.
Que je n’en sois jamais séparé.
Il ne se conserve que par les voies enseignées dans l’Évangile :
Renonciation totale et douce.
Soumission totale à Jésus-Christ et à mon directeur.
Éternellement en joie pour un jour d’exercice sur la terre.
Non obliviscar sermones tuos. ((« je n’oublie pas tes paroles ». Ps 119, 16)) Amen

Blaise PASCAL

Dix Commandements

Il ne fait pas de doute que le plus grand de tous les commandements, le commandement indépassable, est celui de l’amour de Dieu et de l’amour du prochain selon la parole de notre Seigneur. L’amour représente ce que l’homme peut réaliser- aux yeux de Dieu et pour Lui, aux yeux des hommes et pour eux- de plus noble et de plus beau.
Si l’amour demeure le plus grand, il n’en reste pas moins que l’amour inclut toujours, pour être vrai, la justice. Ainsi, on ne prétendra pas qu’il suffit d’aimer une personne sans lui rendre justice de ce qu’on lui doit ou de ce qu’elle est légitimement en droit d’attendre de nous. L’affection seule ne peut prévaloir sur le droit légitime d’un enfant à la présence de
ses parents à ses côtés, à l’éducation qu’ils lui donnent, au temps qu’ils passent avec lui. Il en va de même pour Dieu et notre prochain. Les aimer, certes, mais avant tout leur rendre justice.
1. Tu n’auras pas d’autre Dieu que moi : Dieu Premier. En l’honorant au-dessus de tout. Dieu premier ? Avant moi ? Avant mon confort ? mon intérêt ? ma réussite ? mon profit ? ma carrière ?
2. Ne pas faire d’image de Dieu. Nous ne faisons que cela ! Bien sûr nous ne construisons plus d’idole en pierre ou en bois, mais combien d’autels bâtissons-nous sur lesquels nous sacrifions notre histoire, notre foi, notre avenir, notre baptême, notre Eglise… Au nom du progrès, de la modernité, de l’oubli ?
3. Ne pas user du Nom de Dieu en vain. L’ancêtre du nihilisme. Dieu n’est rien. Et le monde avec. Il n’est rien de sacré. Pas même le Nom de Dieu, pas même Dieu.
4. Le repos. Il y a six jours pour travailler. Le 7ème jour, Dieu même se retire, laissant la création à elle-même, dans une forme d’autonomie. Ainsi doit faire l’homme pour vraiment bâtir. Il y a une violence dans la trop grande hâte à tirer le maximum de tout, hommes, bêtes, terre ou de son agenda.
5. Honore ton père et ta mère pour avoir de longs jours. Voici le seul commandement associé à une promesse : « pour avoir de longs jours ». Le respect de nos parents ouvre un avenir. Pour l’avoir négligé (combien de personnes âgées meurent de solitude dans les hôpitaux ou les maisons de retraite), nos enfants n’ont plus guère de projets d’avenir.
6. Tu ne commettras pas de meurtre. « Qu’as-tu fait de ton frère », demande Dieu à Caïn ?
7. Tu ne convoiteras pas l’épouse de ton prochain. La maîtrise de soi est une œuvre de longue haleine. Jamais on ne la considèrera comme acquise une fois pour toutes. Elle suppose un effort repris à tous les âges de la vie, plus intense à certaines époques, en particulier lorsque se forme la personnalité, pendant l’enfance et l’adolescence.
8. Tu ne voleras pas. Il y a bien des manières d’enfreindre cette loi.
9. Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain. La médisance, pire, la calomnie. Pour l’avoir éprouvée, certains vous diront qu’ils ont vécu un martyre. La chasse aux sorcières devient une pratique, hélas, courante. Ouvrez les médias. Les nouveaux inquisiteurs se présentent à vous !
10. Tu ne convoiteras pas le bien de ton prochain. La jalousie. Il faut se réjouir de ce que possède l’autre. Si on l’a en partage. La plus grande des vertus consiste à se réjouir même de ce que l’on n’a pas.
Rendons à Dieu ce qui est à Dieu, et aux hommes ce qui leur appartient.

P. Ollier

Marie Noël, poète et en voie de canonisation

Marie Rouget mondialement connue sous son nom de plume de Marie Noël est née le 16 février 1883 à Auxerre (Yonne), décédée dans cette même ville le 23 décembre 1967. Le cinquantenaire de sa mort a été retenu par le ministère de la Culture parmi les commémorations nationales de 2017.

L’œuvre littéraire de la poétesse est présentée dans le Livre des commémorations nationales édité sous l’égide du Haut comité des Commémorations nationales. Le monde littéraire contemporain de Marie Noël a unanimement salué le génie de son talent. Aragon, Bernanos, Colette, Mauriac, Patrice de La Tour du Pin…parmi tant d’autres, exprimèrent leur admiration pour “ces vers déchirants et magnifiques”. Pour Montherlant, Marie Noël était “le plus grand poète français vivant”.

Le Général de Gaulle qui a toujours témoigné une profonde admiration pour l’œuvre de la poétesse déclarera avoir “été ennobli, touché aux larmes” à la lecture des “Chants d’arrière-saison”. Quel est ce cri noëlien qui réunit tous les suffrages, aujourd’hui comme hier, qui rassemble dans une même ferveur les agnostiques, les croyants et les incroyants, les savants comme les humbles ? : “Rien n’est vrai que d’aimer et que d’aimer toujours”.

Dans “Notes intimes”, ce chef-d’œuvre de la littérature européenne, Marie Noël, témoin du surnaturel, affronte les questions tragiques sur le Mal, combat le doute, cette “adoration ténébreuse”, fait face à la souffrance toujours surmontée dans la lumière d’une invincible Espérance. Principaux ouvrages de Marie Noël : “Les Chansons et les Heures”, “Les Chants de la Merci”, “Le Rosaire des Joies”, “Chants et Psaumes d’automne”, “La Rose rouge”, “Petit-jour et souvenirs du beau mai”, “Contes”, “Le chemin d’Anna Bargeton”, “Le Jugement de Don Juan”, “Le Cru d’Auxerre”, “Chants des Quatre-Temps”. Marie Noël a reçu de nombreux Prix littéraires dont le Grand Prix de Poésie de l’Académie française en 1962 et le Grand Prix Littéraire de la Ville de Paris en 1966. Elle a été nommée Officier de la Légion d’honneur par le Général de Gaulle en 1961.

Le rayonnement international de l’œuvre noëlienne est attesté aujourd’hui par de nouvelles traductions et des travaux de recherche universitaire en Europe et sur le continent américain. Lors de leur assemblée plénière à Lourdes en mars 2017, les évêques de France ont voté l’ouverture de la cause en vue d’une éventuelle béatification de Marie Noël. » La conférence sera donnée par M. Anciaux, il a présenté l’œuvre littéraire de la poète dans le « Livre des commémorations nationales »

Les trois tentations du Christ

Les trois tentations du Christ, la tentation de la nourriture, la tentation de la souveraineté sur la vie, la tentation du pouvoir, résument toutes les tentations auxquelles l’humanité est confrontée.

Tentations, épreuves. Comme le fait remarquer avec bonheur Romano Guardini, les tentations répondent fondamentalement à des nécessités, des aspirations profondes de l’homme. Celle de s’alimenter, de survivre, de régner.

Elles correspondent aux trois demandes adressées par Dieu à l’humanité lors de la création : « croissez, multipliez-vous, dominez sur toutes choses». Mais le Satan rend ces aspirations mauvaises, en perturbant le regard de l’homme sur elles. Ainsi : s’il est vital pour l’homme de se nourrir, il lui est aussi vital de vivre de biens immatériels : l’attention qu’on lui porte, la tendresse de son entourage, le bien que Dieu lui veut. La réponse de Jésus au Satan git là : l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce que Dieu lui donne en nourriture suressentielle. « Non seulement de pain, mais de tout ce qui sort de la bouche de Dieu ».

Sans doute paraît-il légitime de prendre sa vie en main. De se soigner, de ne pas se rendre malade. L’aspiration à vivre est puissante en l’homme. Mais elle peut trouver une expression dévoyée dans la tentation de se posséder. D’avoir pouvoir sur sa propre vie. Par le suicide, la mort lente et programmée, l’euthanasie. Jésus, sans doute affaibli par un jeûne de quarante jours, ne cède pas à l’illusion de s’envoler vers un monde meilleur… Après tout Dieu n’a -t-il pas promis de te garder… Oui, sans doute, mais non contre lui et ce qu’il commande : Ainsi Jésus répond-il : « Tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu ».

Troisième épreuve. Celle de la souveraineté de l’homme sur la cité. Il importe que celle-ci soit gouvernée. Le seul moyen qui soit ici récusé consiste en l’idolâtrie. Adorer celui qui prétend gouverner le monde. Image faite de main d’homme, qui n’a pas d’oreille pour entendre, pas d’yeux pour voir, pas de bouche pour parler. Comment pourrait-elle régner ? Jésus la repousse : vade retro. Il n’y a qu’une adoration véritable. De Dieu. L’hypertrophie du pouvoir et de ses prétentions, fussent-elles scientifiques, commande nos attentes, nos espoirs, nos réactions. Il existe pourtant un soft power que précisément Jésus nous présente aujourd’hui comme une solution. Nous en remettre avant tout à Dieu et à ce qu’il commande. Il y a dans la simple observance du commandement de Dieu un pouvoir étonnant de transformation de l’homme et de la cité. Aucune ordre ou pouvoir politique ne remplacera le commandement de Dieu : « tu ne convoiteras pas, tu ne tueras pas, honore ton père et ta mère… »

P. Ollier

Nouvelle campagne du denier de l’Église

Chers paroissiens et amis de Saint-Etienne-du-Mont, je tiens à vous dire à nouveau : merci ! L’année 2017 s’est bien conclue.

Votre générosité et votre fidélité à Saint-Étienne-du-Mont permettent à notre paroisse d’offrir les services liturgiques, sacramentels, caritatifs et éducatifs qui irriguent spirituellement notre Montagne.

-Depuis le 1er janvier le plan Igloo se poursuit. La paroisse continue à héberger plusieurs personnes de la rue (participation dîner ou nuit : fontenay [at] me.com)

-Durant le carême, des conférences seront proposées chaque jeudi soir sur le thème de l’appel à la sainteté (1ère conférence le jeudi 15 février : l’appel universel à la sainteté).

-Le mardi 13 mars, à 20h 30, une programmation culturelle : projection du film de Dreyer : La passion de Jeanne d’Arc. Improvisations à l’orgue de Thierry Escaich. Entrée libre.

-Le dimanche 18 mars : pèlerinage sur les terres de sainte Geneviève et la tombe de Péguy (départ en bus à 10h, retour 18h. Inscriptions secrétariat, voir mail en bas de page).

-Dimanche 8 avril : pique-nique tiré du sac à 12h.

-Le Cercle Ozanam (formation à la doctrine sociale de l’église), se réunira cette année après Pâques en 4 séances sur le thème : « quel avenir pour l’homme : transhumanisme, l’homme augmenté, la PMA, la GPA ? »

-Dîner de fraternité le 1er juin (des paroissiens invitent des paroissiens. 1ère édition 60 personnes, 2ème 75 personnes).

Pour remplir et poursuivre la mission que le Christ lui a confiée, la paroisse a aussi besoin du soutien matériel de chacun. Le Denier de l’Église est un complément indispensable aux quêtes et aux offrandes des messes et cérémonies. A Saint Étienne-du-Mont il représente 45% de ses ressources. Nous ne recevons ni aide, ni subvention, ni de la ville ou de l’État, ni du diocèse ou du Vatican. C’est pourquoi je me tourne vers vous en ce début d’année 2018.

Les dons au Denier peuvent être faits :

  • Par CB en ligne sur le site jedonneaudenier.org
  • Par prélèvement automatique
  • Par chèque à l’ordre d’ADP-Saint-Étienne-du Mont.

Au nom de la notre paroisse, je vous remercie vivement et vous assure de ma prière et de mon dévouement.

P. Ollier

Semaine du 4 février 2018

En trois temps, je vous livre ici un secret de lecture. On peut lire, en effet, l’évangile, de façon habituelle, en trois temps : 1. le silex de l’évangile, 2. L’étincelle qui jaillit du silex frotté à notre vie, 3. l’attitude chrétienne qui en découle.

Relever le silex ? Ici, une précision géographique. L’évangéliste Marc nous redit (il l’a fait la semaine dernière déjà) que Jésus s’est rendu à Capharnaüm. Ville frontière entre le monde juif et le monde païen à l’époque de Jésus. Ville de commerce et de douane. Une étape importante sur l’un des deux axes principaux qui permettent de parcourir l’ensemble du croissant fertile. La « Via maris », la voie de la mer, qui reliait Memphis en Égypte au golfe persique en passant par Césarée Maritime, Damas, Assur, Babylone. L’autre voie est la « Via Regis ». Elle est munie d’une garnison (la fille d’un centurion en place y est guérie par Jésus). C’est aussi un village de pêcheurs. Ville de résidence et d’emploi de Simon et André. Jésus est sorti de son village ignoré (dixit Nathanaël son disciple) qu’est Nazareth pour s’installer dans l’un des principaux points de passages des armées, des commerçants en Terre Sainte… Au carrefour de tous les courants, de toutes les langues, de toutes les sensibilités. Jésus ne s’est pas terré. Il a parlé là où il avait le maximum de chance de se faire entendre.

L’étincelle ? Une personne m’a rendu visite il y a peu, manifestant son étonne-ment d’avoir vu se présenter, à l’entrée de l’église, pour un Te Deum, des professeurs de la faculté de droit en robe (c’est le terme retenu me semble-t-il) et jabot. Et voici sa réflexion. Comment est-ce possible dans une république laïque ? Il n’y avait pas de malice dans son propos, mais une interrogation suscitée probablement par un bombardement médiatique et politique pour nous faire accroire… que notre république est athée. La république est laïque, c’est-à-dire qu’elle garantit, entre autres, l’exercice libre des cultes et la liberté religieuse des citoyens. Nous pouvons donc parler, affirmer notre foi, dans le respect bien sûr des convictions de chacun. Nous ne sommes pas condamnés à nous taire et personne, je dis bien personne en France ne peut le contester. Aujourd’hui du moins. Nous avons processionné dans les rues de Paris, dernièrement, sans anicroche. Trois chapelles sont présentes au sein de trois lycées publics proches de la paroisse. Un aumônier exerce son ministère spirituel à Normal Sup. … Ne nous laissons pas bercer par cette aigre musique qui nous dénie le droit de parler.

Qu’en résulte-t-il ? Eh bien, parlons sans crainte ! Et si l’on nous reproche de le faire, disons tout simplement que nous en avons le droit, dans le « Capharnaüm » de nos jours.

P. Ollier

« Je sais qui tu es »

Alors que les juifs rassemblés dans la synagogue de Capharnaüm ne découvrirent que l’un d’entre eux était possédé qu’au moment où Jésus chassa le démon, le lecteur de saint Marc a été prévenu de son état dès avant son éclat de voix. Cela n’est pas anodin : l’évangéliste a voulu que nous puissions être sur nos gardes au moment de l’entendre. En effet, la parole des esprits impurs est toujours plus venimeuse qu’elle n’y paraît.

« Qu’y a-t-il de toi à nous, Jésus de Nazareth, es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : le Saint de Dieu ». Cette exclamation semble le cri dépité d’un démon, incapable de se dissimuler plus longtemps face au Verbe fait chair. Mais pour ceux qui ignorent encore la présence diabolique, elle jette le trouble : ce « nous » apparaît désigner les membres de l’assemblée. Ce Jésus serait une menace, quelqu’un dont il faut se méfier.

Le Messie ne s’appuie aucunement sur cette parole, pas même l’affirmation qu’il est le Saint de Dieu. Au contraire de l’homme et de la femme au jardin de la Genèse, il fait taire le démon. En effet, la science de l’esprit impur est stérile : elle n’apporte aucune adhésion, aucune communion, mais déverse bien plutôt des entraves.

Cet épisode est pour nous l’occasion d’une réflexion sur notre con-naissance du Christ. Allons-nous prétendre, en cette année de lecture de l’évangile selon saint Marc, savoir déjà qui est Jésus ou en savoir bien assez ? Jugerons-nous la radicalité de son appel à la conversion comme une bonne nouvelle ou une tentative de nous perdre parce qu’il boule-verse nos habitudes ?

La nouveauté et la puissance de son enseignement qui étonnèrent les habitants de Capharnaüm ne se sont pas émoussées avec les siècles. La parole de Dieu est toujours source de vie et lumière pour l’esprit. Le prêtre qui embrasse l’évangile après sa proclamation prie à voix basse : « Que cet Évangile efface nos péchés », qu’il efface plus particulièrement celui de penser n’avoir plus rien à découvrir du Christ.

Père G. Würz

Il y a un appel urgent

Jésus appelle les premiers disciples qui, aussitôt, laissent tout pour se mettre à sa suite. La réaction immédiate et spontanée des disciples fait penser à une urgence à laquelle il faut répondre. Une urgence que le Seigneur rappelle lorsqu’il envoie pour proclamer sa parole à Ninive : « Encore quarante jours et Ninive sera détruite ». Il y a comme cette invitation de Jonas, cet ordre pressant : « Dépêchez vous », le Royaume de Dieu vient, dans la mesure où le peuple se convertit. Comme dira Saint Paul, le temps est limité et « c’est maintenant le temps favorable, c’est le temps du salut.. »

Si les disciples laissent tout, quittent tout, c’est qu’ils percevaient, eux aussi, cette urgence. Il fallait se lever, être éveillé ou se réveiller ; c’est une entrée dans le dynamisme du temps qui va avec une dimension de résurrection. Il y a comme une pierre d’attente en eux, quelque chose qui n’avait pas trouvé un accomplissement, un désir de servir, un désir de transmettre.

L’appel de Dieu peut être un appel au ministère sacerdotal ou une consécration dans la vie religieuse, mais aussi à la vie familiale ou matrimoniale, dans le mariage, il y a différents appels, tous sont nobles, et répondent à une mission voulue et confiée par le Seigneur.

Cela me pousse à dire que les temps sont encore favorables. Parce qu’on se dit que bon nombre de nos concitoyens, aujourd’hui, ne sont pas très motivés pour la pratique religieuse. La question de Benoît XVI, lorsqu’il a publié son encyclique sur l’Espérance est réelle : est-ce que l’Espérance chrétienne a encore une validité aujourd’hui, Est-ce que le message de l’Évangile a encore une pertinence ?

Aujourd’hui, le Seigneur nous appelle et nous interpelle. Chacun d’entre nous est invité à suivre cet appel qui est urgent, parce qu’il y a l’urgence du temps. Il y a une urgence de fraternité, une urgence d’unité, une urgence sur des questions sociales et morales d’actualité. Alors, il faut demander vraiment cette grâce de l’audace, cette audace qui vient de l’urgence, parce que les temps sont des temps d’annonce, de nouvelle évangélisation. Cette audace qui vient aussi du Saint Esprit, qui nous fait annoncer un Dieu qui nous appelle des ténèbres à son admirable lumière.

P. Anatole DEDEGBE.