Toutes choses sont des voiles qui couvrent Dieu !

Si Dieu se découvrait continuellement, il n’y aurait point de mérite à le croire ; et s’il ne se découvrait jamais, il y aurait peu de foi. Mais il se cache ordinairement, et se découvre rarement à ceux qu’il veut engager dans son service. Cet étrange secret, dans lequel Dieu s’est retiré, impénétrable à la vue des hommes, est une grande leçon pour nous porter à la solitude, loin de la vue des hommes. Il est demeuré caché sous le voile de la nature, qui nous le couvre, jusques à l’incarnation ; et quand il a fallu qu’il ait paru, il s’est encore plus caché en se couvrant de l’humanité. Il était bien plus reconnaissable quand il était invisible, que [lorsqu’] il s’est rendu visible.

Et enfin quand il a voulu accomplir la promesse qu’il fit à ses Apôtres, de demeurer avec les hommes jusqu’à son dernier avènement, il a choisi d’y demeurer dans le plus étrange et le plus obscur secret de tous, à savoir sous les « aspects » de l’Eucharistie. C’est ce Sacrement que saint Jean appelle dans l’Apocalypse une manne cachée [citation du livre de l’Apocalypse 2,17 ((« Celui qui a des oreilles, qu’il entende ce que l’Esprit dit aux Églises. Au vainqueur je donnerai de la manne cachée, je lui donnerai un caillou blanc, et, inscrit sur ce caillou, un nom nouveau que nul ne sait, sauf celui qui le reçoit. »))] ; et je crois qu’Isaïe le voyait en cet état, lorsqu’il dit en esprit de prophétie : véritablement tu es un Dieu caché [citation du livre d’Isaïe 45, 15 ((« Vraiment tu es un Dieu qui se cache, Dieu d’Israël, Sauveur ! »))]. C’est là le dernier secret où il peut être.

Le voile de la nature qui couvre Dieu a été pénétré par plusieurs non croyants, qui, comme dit saint Paul, ont reconnu un Dieu invisible, par la nature visible [Épître aux Romains 1, 20 ((« Depuis la création du monde, on peut voir avec l’intelligence, à travers les oeuvres de Dieu, ce qui de lui est invisible : sa puissance éternelle et sa divinité »))]. Beaucoup de Chrétiens hérétiques l’ont connu à travers son humanité, et adorent Jésus Christ Dieu et homme. Mais pour nous, nous devons nous estimer heureux de ce que Dieu nous éclaire jusques à le reconnaître sous les espèces du pain et du vin.
Mais les hérétiques voyant les apparences parfaites du pain dans l’Eucharistie ne pensent pas à y chercher une autre substance. Toutes choses couvrent quelque mystère. Toutes choses sont des voiles qui couvrent Dieu. Les chrétiens doivent le reconnaître en tout. Les afflictions temporelles couvrent les biens éternels où elles conduisent. Les joies temporelles couvrent les maux éternels qu’elles causent. Prions Dieu de nous le faire reconnaître et servir en tout ; et rendons lui des grâces infinies, de ce que s’étant caché en toutes choses pour tant d’autres, il s’est découvert en toutes choses et en tant de manières pour nous.

Lettre n° 4 de Blaise PASCAL à Mademoiselle DE ROANNEZ – octobre 1656

Départ

Dilan Andarage, l’un de nos sacristains, souhaite rejoindre avec le reste de sa famille son père au Sri Lanka et y travailler. Nous le remercions pour tout ce qu’il a fait au service de la paroisse avec efficacité et discrétion depuis 3 ans.

Nous lui dirons au revoir au terme de la messe de 11 heures le 29 juin.

Petit questionnaire trinitaire

1. Jésus, Fils de Dieu, a-t-il été choisi par Dieu pour être son Fils ?

Non ! Dieu ne choisit pas Jésus comme Fils. Le Fils est par nature Dieu, de même nature que le Père. Vrai Dieu, Lumière de lumière. Qu’il ait été choisi par Dieu comme un être exceptionnel, ayant une relation privilégiée avec Dieu, voilà ce que pensaient ceux que l’on appelait les Ariens. Chrétiens des premiers siècles, ils confessaient dans leur credo Jésus comme Fils de Dieu, tout en donnant à ce titre une portée moindre que ce que la foi catholique reconnaissait. Cette conception fut largement partagée au IIIème siècle par la moitié des chrétiens ! La foi étant en péril, il fut décidé qu’un concile universel se réunirait pour définir la foi au Fils de Dieu. Il eut lieu à Nicée en 325. On y adopta l’expression non tirée de l’Écriture Sainte selon laquelle le Fils est consubstantiel au Père, de même nature que le Père. Qu’il est Dieu de Dieu, vrai Dieu du vrai Dieu. »

2. Dieu se manifeste-t-il dans l’Écriture Sainte, selon les moments, tantôt comme Père, tantôt comme Fils, tantôt comme Esprit ?

Non ! Certains chrétiens de l’antiquité considéraient que Dieu se manifestait sous différents « modes » selon les temps et les moments. Tantôt comme Père, tantôt comme Fils, tantôt comme Esprit. Cette hérésie fut appelée Modalisme . Elle ruine la réalité de la Trinité telle qu’elle est attestée dans la formule primitive : « Au Nom (singulier) du Père et du Fils et du Saint Esprit (pluralité) »

3. Jésus : sa personne est-elle humaine ?

Non ! La personne de Jésus est divine. C’est ce que l’évangéliste Jean affirme lorsqu’il dit que le Verbe s’est fait chair. Un de la Trinité s’est fait homme. L’affirmation dogmatique de cette réalité de foi a été définie lors du Concile d’Éphèse, en 431, par une formule bien connue : Marie est la Mère de Dieu (Theotokos). Par là on signifie que la personne, le sujet qui « porte » l’humanité de Jésus est une personne divine qui « assume » une humanité.

4. Jésus, après son Ascension, conserve-t-il sa nature humaine ou bien est-il entièrement divinisé ?

Oui ! Jésus, étant, selon la foi de Nicée, vrai Dieu et vrai homme, il ne peut cesser de l’être. Certes, son humanité est transformée par son Ascension. Ainsi le voyons-nous après sa résurrection se nourrir. Non pas que ce lui soit nécessaire. Il peut se nourrir, mais n’en a plus besoin. Son humanité est transfigurée pour atteindre sa plénitude, mais non absorbée par la divinité.

5. La foi au Dieu Trinité a-t-elle quelque chose à voir avec la compréhension que nous avons de l’homme ?

Oui ! Du dogme trinitaire découle la compréhension de Dieu comme don. Don de lui-même en lui-même qui fait qu’il est un Seul Dieu dans la communion des trois. Le Père donne au Fils d’être Fils, le Fils donne au Père d’être Père, et ce don est lui-même « personne », c’est-à-dire l’Esprit Saint. C’est pourquoi les « personnes » divines sont appelées des « relations subsistantes ». Elles ne sont que dans le don qu’Elles font d’Elles-mêmes. L’homme étant à l’image de Dieu, c’est-à-dire à l’image de la Trinité, ne peut s’accomplir que dans le don de lui-même : « L’amour dans la vérité place l’homme devant l’étonnante expérience du don. La gratuité est présente dans sa vie sous de multiples formes qui souvent ne sont pas reconnues en raison d’une vision de l’existence purement productiviste et utilitariste. L’être humain est fait pour le don ; c’est le don qui exprime et réalise sa dimension de transcendance. L’homme moderne est parfois convaincu, à tort, d’être le seul auteur de lui-même, de sa vie et de la société. C’est là une présomption, qui dérive de la fermeture égoïste sur lui-même » Benoit XVI, Caritas in veritate, 34.

Père Jacques OLLIER

Diocèse : ordinations sacerdotales

Les ordinations de 7 nouveaux prêtres seront célébrées par le cardinal André VINGT-TROIS à Notre-Dame de Paris le samedi 28 juin 2014 à 9h30.

Romain CIVALERO (Communauté de l’Emmanuel), Maxime DEURBERGUE, Alexandre DE MANDAT GRANCEY, Thibaut DE RINCQUESEN, Ludovic MATHIOU (Missions étrangères Paris), Paul SCHLIENGER (Communauté de l’Emmanuel) et Sébastien VIOLLE.

Matinée « Portes Ouvertes » du groupe des Servantes d’Assemblée

Dimanche 15 juin à la messe de 11 heures à Saint-Étienne-du-Mont.

Si vous avez entre 7 et 17 ans et que vous souhaitez participer à ce groupe l’an prochain ou tout simplement le connaître davantage, vous êtes invitée à vous présenter, avec ou sans vos parents, au groupe des Servantes à 10h45 (près de l’autel à droite en entrant). Celles-ci vous accueilleront et vous feront partager leur joie de participer à cet ancien et beau service rendu à la communauté paroissiale, une fois par mois, les dimanches, à la messe de 11h00.

L’Esprit est donné, mais est-il reçu ?

Le temps pascal ne s’achève pas avec la résurrection de Jésus ni avec l’Ascension. Le temps pascal ne s’achève qu’avec la Pentecôte. Dit autrement, le mystère de la mort et de la résurrection du Christ que nous célébrons nous conduit au don de l’Esprit Saint. Nous n’annonçons pas seulement que Jésus est ressuscité, nous témoignons aussi que l’Esprit a été répandu.

En effet, Jésus n’est vraiment le Christ, le Messie attendu, que dans la mesure où il est bien celui qui baptise dans l’Esprit Saint (cf. Jn 1, 33). Son oeuvre n’est véritablement achevée que dans la mesure où l’Esprit Saint est effectivement donné. Continuer la lecture

Si tu savais le don de Dieu

Le sacrement de la confirmation est l’un des sept sacrements. Comme le baptême, il est reçu une seule fois dans la vie d’un chrétien. Avec le baptême et l’eucharistie, il fait partie des trois sacrements de l’initiation chrétienne, c’est-à-dire des sacrements qui, ensemble, permettent de devenir un chrétien à part entière.

Le sacrement de la confirmation n’est pas facultatif dans la vie chrétienne : avec la réception de l’eucharistie, il est vital pour que Dieu achève ce qu’il a commencé au baptême. Ainsi, est-il normalement requis pour deux baptisés qui se préparent au mariage ou pour être parrain ou marraine de baptême. Il est tellement important, qu’en cas de danger de mort, l’Église recommande que l’on confirme la personne « in articulo mortis », avant de donner l’extrême onction. C’est dire l’importance de ce sacrement dans la vie chrétienne.

Pourquoi une telle importance ? Parce que le don de l’Esprit est en quelque sorte l’aboutissement de toute l’oeuvre de Dieu. Il se donne lui-même en son Esprit, que l’on appelle justement le don de Dieu. Mgr BEAU, ce dimanche, en signant le front des confirmands, prononcera cette prière : « Sois marqué de l’Esprit Saint, le Don de Dieu ».
Dieu se fait connaître en son action, son dynamisme en nous. Comme je le disais aux enfants qui ont préparé la confirmation, il donne du « peps ». Il permet de choisir justement les chemins que nous devons emprunter, de prendre de bonnes décisions, d’ouvrir la bouche à bon escient, de connaître les mystères de Dieu.

L’onction de l’Esprit Saint se déploie en nous par sept dons :

  • Le don de Piété, pour prier avec ferveur.
  • Le don de Science, pour marcher sans jamais dévier de la voie du salut.
  • Le don de Force, pour surmonter courageusement toutes les épreuves.
  • Le don de Conseil, pour choisir ce qui est le plus convenable.
  • Le don d’Intelligence, pour comprendre que Dieu n’est pas de ce monde, qu’il n’est pas une grandeur spatiale ou temporelle, mais une grandeur immatérielle, incorruptible.
  • Le don de Sagesse, pour que mes actes soient bons et constructifs.
  • Le don de Crainte, pour ne pas retomber dans mes fautes passées.

Le mot confirmation vient du verbe latin “confirmare” qui veut dire encourager, consolider, affermir. On ne se confirme pas soi-même. C’est, depuis le temps des Apôtres, les évêques qui confirment. Ou plus exactement Dieu, par le ministère des évêques. Ce que montre l’énoncé de la prière consécratoire : « sois marqué de l’Esprit Saint ». L’usage du passif et non de l’indicatif : ‘je te marque » (comme on dit « je te baptise »), manifeste l’acte de Dieu se donnant lui-même.

Il n’est jamais trop tard pour être confirmé. La préparation dure neuf mois ( ! )

Inscriptions pour les enfants auprès de leur catéchistes ; pour les adolescents, voir l’aumônier ; les adultes, un prêtre à l’accueil ou Mme PAPRITZ (coordonnées de ces personnes dans le guide la paroisse ou sur le site : www.saintetiennedumont.fr)

Père Jacques OLLIER

« Que votre coeur ne se trouble pas »

Le cœur des Apôtres pouvait bien se troubler à la perspective de perdre celui qu’ils aimaient et auquel ils s’étaient attachés. Aussi Jésus leur livre-t-il son testament au cours d’un repas d’adieu. Ce testament spirituel correspond à un genre littéraire bien attesté dans la Bible, la littérature intertestamentaire et le monde antique en général. On entoure de vénération les dernières paroles de quelqu’un qui meurt. Une antique croyance très répandue conférait aux mourants une mystérieuse clairvoyance.

Dans la Bible on trouve un certain nombre d’attestations de ce genre littéraire : par exemple le discours d’adieu du patriarche Jacob en Genèse. Dans le Deutéronome : “au moment de passer de ce monde vers son Dieu”, voici les paroles que Moïse adressa aux enfants d’Israël. (Deutéronome 33). On rencontre encore celui de Josué (Josué 23-24), ou de David (1 Rois 2,1-9).

Dans le Nouveau Testament, il s’en trouve aussi, tel le discours de Paul à Milet.

Dans le Judaïsme ce genre littéraire eut un grand succès : Les Jubilés, par exemple, mettent dans la bouche des grands personnages de la Genèse un discours d’adieu : Noé ; Abraham ; Isaac ; Jacob … On y trouve des recommandations semblables à Jean 14-16 :
« Ne soyez pas effrayés… », « deux esprits s’occupent de l’homme, celui de vérité et celui de l’ignorance » (Juda XX,1), « Prenez garde à Satan, approchez-vous de l’ange qui intercède pour vous, c’est un médiateur entre Dieu et les hommes » (Dn VI, 1-2), « Aimez-vous les uns les autres » (Jos XVII, 2-3) – Annonce d’épreuves : Nepht IV, 3-4.

Les questions que posent les disciples de Jésus représentent, quant à elles, une originalité propre à l’Évangile selon saint Jean.

Les trois discours dévoilent le développement historique de l’Église : Le chapitre 14 présente le risque de découragement des disciples provoqué par le départ de Jésus et le retard de sa venue. Le chapitre 15 suppose une rupture consommée entre les disciples et le judaïsme rabbinique ; il faut demeurer dans l’amour pour résister à la persécution. Le chapitre 16 traite de la haine du monde pour les disciples.

Nous entendrons au cours des prochains dimanches des extraits de ce testament. Jésus nous invite à l’espérance, parce qu’il demeure auprès de nous, tout en nous entraînant vers le Père. Cette double appartenance au monde d’ici-bas et au monde qui vient est la caractéristique des chrétiens qui les fait agir pour que ce monde-ci soit plus juste, tout en espérant le royaume où règne toute justice. Cette double appartenance les tend vers l’organisation de ce monde : organisation économique, politique, sociale… et les oriente vers la cité sainte, la sainte Jérusalem où Dieu est tout en tous. De cette double orientation, le chrétien tire son énergie, son génie et sa foi.

Son énergie parce qu’il participe à la tâche que Jésus a reçu de son Père. Ainsi est-il dit des disciples qu’ils feront des choses plus grandes encore que celles réalisées par le Christ.

Son génie, parce que la Révélation de Dieu dans le Christ ouvre les yeux sur la totalité de l’histoire, de l’humanité et de sa vocation à entrer dans l’Alliance avec Dieu, c’est-à-dire ce pourquoi Dieu a créé le monde.

Sa foi, parce que Celui qui part et aussi Celui qui vient à nous et nous fait demeurer en Dieu. Croire, ce n’est pas avoir un vague espoir, mais être fondé sur ce que l’on possède déjà aujourd’hui, pour l’obtenir en totalité demain : « La foi est l’hypostase de l’espérance, la certitude des réalités invisibles » (Épître aux Hébreux, 11, 1).

Père Jacques OLLIER

Éditorial où l’on parle de l’infaillibilité…

Dès que l’on prononce ce mot, les sourcils froncent. Par tension excessive, qu’elle soit défensive ou offensive. Et l’on songe immédiatement à l’infaillibilité pontificale. C’est oublier qu’avant tout, cette qualité revient à l’Église. C’est elle, en effet qui, en la totalité de ses membres, est reconnue avant tout infaillible.

Elle l’est, non pas en vertu d’une exception dans l’ordre de la connaissance, mais en raison de ce que nous dit le Christ dans l’Évangile de ce jour. Les membres de l’Église sont, tous ensemble, infaillibles, parce qu’ils aiment et connaissent le Pasteur qui les conduit et parce que, connaissant sa voix, ils savent ce qui est de lui et ce qui ne l’est pas.
Il n’est que sur ces matières que porte l’infaillibilité. Qu’elle soit celle de l’Église tout entière ou du Pape, l’infaillibilité ne concerne que le donné révélé par Dieu. Ce qui vient de Lui et nous est donné par Lui. L’Église se prononce de manière infaillible sur ce que Dieu nous communique de Lui, dans sa Parole, son Verbe fait chair. Elle ne se prononce pas sur autre chose que cela : ce que le Verbe nous communique et communique à Ceux à qui il se donne, aux fidèles qui écoutent sa voix et qui le suivent.

L’histoire de l’antiquité chrétienne montre d’ailleurs qu’en période de trouble, l’orthodoxie de la foi a été conservée par les fidèles. Au quatrième siècle où l’on débattait de la nature divine du Christ, ce consensum fidelium (le sens de la foi), a davantage inspiré les fidèles, que de nombreux évêques, ou théologiens. De sorte qu’on peut affirmer que « pendant cette époque d’intense confusion, le dogme de la divinité de Notre Seigneur était proclamé, respecté, maintenu et (humainement parlant) davantage préservé par l’Ecclesia docta (l’Église enseignée i.e. les fidèles) que par l’Ecclesia docens. (L’Église qui enseigne i.e. les pasteurs) » (John Henry Newman, On Consulting the Faithful in Matters of Doctrine, London, Collins Publications, 1986, p. 115)

1500 ans plus tard, cette infaillibilité de l’Église est reconnue à l’occasion de la préparation du dogme de l’Assomption de la Vierge. Les fidèles sont largement consultés : De 1854 à 1945, huit millions de fidèles ont écrit à Rome leur accord avec cette doctrine.
L’Église infaillible : c’est ainsi que le concile Vatican II, sans mettre en cause la constitution Pastor aetermus (qui définit l’infaillibilité pontificale) envisage prima facie l’infaillibilité. « Le peuple saint de Dieu participe de la fonction prophétique du Christ …. La collectivité des fidèles, ayant l’onction qui vient du Saint (1 Jn 2, 20 et 27) ne peut se tromper dans la foi. Ce don particulier qu’elle possède, elle le manifeste par le moyen du sens surnaturel de la foi qui est celui du peuple tout entier » Lumen Gentium 12

Ce don, l’Église le tient de Dieu. Il est l’amour de Dieu pour nous qui reflue vers Lui en torrent d’amour pour Lui. Et c’est ce lien d’amour qui justifie, bien plus que tous les miracles, l’infaillibilité en matière de foi de l’Église. Comme une mère ne se trompe pas lorsqu’elle reconnaît la voix de son enfant, comme l’ami ne peut se tromper lorsqu’il reconnaît les inflexions de voix de l’ami, ainsi l’Église ne peut se tromper lorsqu’elle entend la voix de son Époux. « Mes brebis écoutent ma voix et elles me suivent. »

Père Jacques OLLIER