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Ordinations 2017

Charles-Antoine Fogielman sera ordonné prêtre le samedi 24 juin. Il présidera sa première messe le dimanche 25 juin à 11h. Il poursuivra l’année prochaine sa maîtrise de théologie à Rome et sera présent, comme cette année, durant les vacances scolaires … Lire la suite

L'éditorial de la semaine

Départ du P. Sebastiano Serafini

Le curé de la paroisse m’a invité à donner cette homélie, ou, plutôt, à vous parler brièvement de mon expérience parmi vous durant les 10 mois passés.

Je le remercie de me donner l’occasion de présenter les éléments qui, à mon avis, caractérisent l’expérience ecclésiale italienne et française. De toute évidence, ma perception est limitée. Cependant, je pense que je suis en mesure de signaler certains aspects qui peuvent nous aider à comprendre la richesse de l’Église catholique et la pluralité des expériences de foi.

Mettre l’accent sur les caractéristiques qui distinguent les différentes réalités ecclésiales ne signifie pas opposer mais chercher les conditions d’enrichissement mutuel, de perfectionnement de soi-même et parvenir à une meilleure compréhension de la réalité ecclésiale vécue.

Unis dans la communion de l’Église catholique, unis par la même foi dans le Dieu trinitaire, soutenue par l’Esprit Saint, liés par la participation au corps et au sang du Christ, nous vivons cependant dans différents milieux culturels et sociaux. Et c’est au fond la richesse de l’Église : vivre l’unité dans la diversité ; trouver l’unité dans la célébration du mystère pascal et l’invocation de Dieu comme Père ; vivre la propre diversité culturelle et sociale dans la profession de la même foi dans le Christ notre Sauveur.

Durant ces 10 mois, j’ai eu l’occasion de vivre dans un milieu social, politique et religieux différent de l’Italie. En particulier, l’Église française, pour ce que j’en ai compris, vit dans une conjoncture marquée par la présence multiculturelle et multireligieuse, et une distinction claire entre l’autorité de l’Église et les pouvoirs de l’État. En outre, la présence catholique est devenue numériquement minoritaire, ce qui rend difficile l’incidence de la foi dans les tissus sociaux. Cependant, ces éléments offrent une occasion d’évangélisation. Ils purifient également la foi des influences culturelles et politiques qui peuvent parfois affecter son authenticité. En ce sens, dans cette paroisse, j’ai constaté l’accent mis sur la qualité de l’initiation chrétienne, sur les célébrations liturgiques, sur le caractère spirituel de l’existence chrétienne, sur la construction des liens de fraternité et sur l’importance de l’alliance entre les prêtres. Dans ce contexte, la foi est accueillie, choisie, vécue comme une expérience fondamentale et distincte de l’identité personnelle.

Ces derniers mois également m’ont permis d’appréhender une culture unique au monde. En particulier, l’Église française se retrouve dans un « courant de pensée chrétienne » marquée par l’expérience spirituelle des personnalités comme François de Sales, Charles de Foucault, Jean Marie Vianney, Saint-Vincent-de-Paul ; par des théologiens comme Teilhard de Chardin, Chenu, Daniélou, de Lubac, Congar, Theobald ; par des philosophes comme Levinas, Ricœur, Marion. Une convergence de l’expérience spirituelle, l’enracinement théologique, la réflexion philosophique qui se présente comme unique dans le monde.

La conjoncture dans laquelle vit et travaille l’Église en Italie est différente. Je souligne deux aspects, un social et l’autre pastoral.

En général, un premier aspect, immédiatement apparent, est que l’Église en Italie vit dans une ambiance de majorité numérique des catholiques. La présence de l’État du Vatican et la présence d’une majorité permet à l’Église italienne d’être « reconnue » juridiquement et socialement, tant de l’État que de la société. En ce sens, la paroisse est considérée comme un point de référence essentiel pour l’agrégation sociale, dans le débat politique, pour l’activation des projets d’éducation pour les jeunes générations. Pour cette raison, presque tous les prêtres sont engagés dans le dialogue avec les administrations de la ville, avec les services sociaux, avec les organismes d’enseignement, avec les diverses associations culturelles et éducatives. La paroisse et les prêtres sont donc une partie importante du paysage culturel, psychologique, social du peuple italien. Même si cela peut être un avantage, cela peut créer aussi une incompréhension au point que de nombreux italiens peuvent « s’appeler catholiques » sans être en contact direct avec la paroisse et la foi catholique !

En plus de cette dimension juridique et sociale, l’Église italienne, surtout après le Concile Vatican II, a condensé sa présence sur trois activités pastorales. La première est l’expérience des associations et mouvements catholiques. Dans une paroisse, en plus du catéchisme traditionnel, peuvent exister et vivre ensemble beaucoup de groupes paroissiaux et associations comme l’Action catholique, le Mouvement de Focolari, Communion et Libération, les Scouts, le Mouvement franciscain, le Mouvement des salésiens de Don Bosco, le Mouvement néocatéchuménal, le Renouveau charismatique, groupes pour les familles catholiques, centres pour personnes âgées. Cela permet à la paroisse une vivacité, et la présence de forts liens de fraternité. Souvent, tous ces groupes sont suivis par le curé, qui devient une sorte de « chef d’orchestre », engagé à « tenir ensemble les différentes diversité et sensibilité ». En ce sens, la paroisse semble comme un « espace de coordination et de fraternité » entre les différentes expériences de la foi et la vie, et non pas comme un « centre d’identité personnelle ».

Un autre domaine de l’activité pastorale typique de la paroisse italienne est la présence de l’oratoire[1], entendu, cependant, comme espace éducatif et social destiné exclusivement aux jeunes. En particulier, grâce au travail et le témoignage de saint Jean Bosco, de nombreuses paroisses ont construit une environnement, composé d’espaces utilisés quotidiennement par les jeunes, où ils peuvent se rencontrer et faire les activités propres à leur âge : sports, activité éducative, culturelle, théâtrale, musicale. En ce sens, la paroisse essaie de « parler la langue de la jeunesse » et, ainsi, de créer des liens avec leur monde, pour être une présence significative dans leur croissance humaine et spirituelle.

Enfin, un troisième domaine de la pastorale typique de la paroisse italienne est la présence active dans le témoignage de la charité. Cela se déroule de façon concrète, par l’existence, dans presque toutes les paroisses, d’un « centre d’écoute », souvent composé de volontaires qui sont disponibles pour écouter, observer, identifier les différents problèmes sociaux dans la ville, et permettre d’activer des chemins de solidarité. Les pauvres, les immigrés, les marginalisés, les malades trouvent, de cette façon, un centre d’écoute, de fraternité, d’accompagnent, où commencer un chemin de libération de la solitude et de la pauvreté.

Pour ce que j’ai expérimenté, l’expérience de la différence et de l’identité culturelle et chrétienne présente dans l’Église française, et l’expérience pastorale et sociale de l’Église italienne, ne sont pas exclusives, ni exportables. Chaque expérience a sa raison d’être dans la conjoncture sociale et culturelle dans laquelle on vit. Mais ces singularités peuvent s’intégrer et s’éclairer les unes les autres. La foi accueillie, choisie, vécue comme une expérience fondamentale et distincte de l’identité personnelle, typique du milieu ecclésial français, peut être intégrée avec la vision sociale et pastorale proposée par la pratique italienne. En même temps, la dimension sociale et l’expérience pastorale, typique du milieu ecclésial italien, ne doit pas faire oublier le caractère culturel, spirituel, liturgique de l’existence chrétienne, proposée par la pratique française. Les deux, dans leur diversité, exprimant l’unique foi en Christ le Sauveur, notre maître et pasteur.

Enfin, je voudrais remercier le curé, le Père Ollier qui m’a accueilli avec confiance et fraternité, et tous les prêtres de la paroisse, les collaborateurs, les chœurs merveilleux, et tous les fidèles qui m’ont accompagné et soutenu  malgré l’ « accent italien» et les erreurs, que j’ai faites dans votre belle langue française !

Je vous attends en Italie. Grazie di tutto.

Don Sebastiano Serafini

 

[1] En France, nos « Patronages » (nde)

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